janvier 24, 2009

2009_01_24_plan_relance_2Quels choix de direction de relance font les pays industrialisés ? Favoriser l’investissement ? Favoriser le pouvoir d’achat pour relancer la consommation ? Quels sont les montants mis en place ?

 Différents plans de relance économiques

 L’Allemagne, après un premier plan de 31 Mrd d’euros fin 2008, le deuxième est plus ambitieux et s’élève à 50 Mrd d’euros en janvier, effort porté sur 2 années. Sur ces 50 Mrd d’euros 36% seront consacrés à des programmes d’investissement (voir partie 1), 18% à la réduction d’impôt. Le reste ira dans différentes mesures de consacrées directement à l’aide à la consommation et des revenus (comme une prime à la casse pour soutenir l’automobile de 2.500 euros). Ce plan de relance représente 2% du PIB environ. A cela s’ajoute un fond de garantie de 100 Mrd d’euros pour les entreprises en difficultés financières ayant besoin d’emprunter.

Pour la France le plan de relance est de 26 Mrd d’euros. (Pour le moment il n’y a pas de deuxième plan de relance). Mais il faut retrancher 11 Mrd d’euro qui ne sont que des avances de trésorerie et donc ne constituent pas des dépenses supplémentaires. Il reste donc 10 Mrd d’euros que l’Etat français engagera pour soutenir l’économie. Plus de la moitié sera consacrée à des programmes d’investissements étalés sur 2 années comme en Allemagne. Le montant des aides directes aux ménages sera attribué aux plus pauvres : par exemple une prime de 200 euros sera allouée pour les bénéficiaires du RSA. L’effort de ce plan est de 0,5% du PIB. Enfin, pour les PME, les moyens d’OSEO, ont été renforcé à hauteur de 50% début octobre pour accroître les capacités de garanties de prêts aux PME.

L’Angleterre consacrera 16 Mrd d’euros qui se constitue pour 80% de baisse de TVA (qui passerait de 17,5% à 15%) et le reste en baisse d’impôt. Ici l’effort est placé directement sur la consommation. Cet effort représente un peu moins de 1% du PIB.

 Enfin du côté de « l’oncle Sam » on voit les chose en grand. Le plan de relance de 825 Mrd d’euros du président Obama représente presque 6% du PIB. 66% de cette somme ira dans des programmes d’investissement (rénovation d’écoles, construction d’infrastructures…). Le reste se répercutera en réduction d’impôt aux classes moyennes pour soutenir la consommation.

Quelle est la bonne solution?

On remarque que les montants des différents plans de relance sont très différents, notamment entre européens et américain (le plan américain est 12 fois plus important que celui de la France et 3 fois plus que l’Allemagne). La stratégie aussi : les Américains (comme les Français) mettent l’accent sur l’investissement. Les Anglais insistent sur des dépenses directes de consommation en baissant la TVA. Pourquoi une telle disparité ? Les experts économiques des différents gouvernements auraient t-il des analyses différentes ? Certes, il est vrai que chaque pays a sa spécificité. Mais à la lecture des faits, surtout sur les montants engagés, (la France étant la plus frileuse) l’analyse et les choix sont différents. Comme quoi l’économie est loin d’être une science et encore moins exacte


C’est quoi un plan de relance ? Les solutions adoptées seront-elles suffisantes ? Partie 1

janvier 20, 2009

2009_01_20_plan_relancePour résumer, un plan de relance est une intervention massive de l’Etat dans l’économie afin de « booster » le système productif et par là même, l’économie d’un pays. Cette intervention, selon la pensée économique (bref !! le cercle des économistes), se fait soit par une dépense budgétaire massive dédiée à l’investissement (comme une politique de grands travaux : construction de ponts, routes, infrastructures, écoles etc.), soit par des réductions de la fiscalité (baisse d’impôts comme aux USA ou baisse de la TVA) ou augmenter les prestations sociales. Bien entendu il est possible de combiner ces différentes options qui s’orientent vers deux directions : l’investissement et l’augmentation du pouvoir d’achat. En général les différents Etats des pays industrialisés mettent l’effort sur ces 2 directions simultanément. Chacune de ces directions (investissement ou augmentation du pouvoir d’achat) offrant son avantage et bien sûr son inconvénient.

Le surplus de pouvoir d’achat

L’avantage d’augmenter le pouvoir d’achat est que l’effet est quasi immédiat, notamment en ce qui concerne la baisse de la TVA ou de l’augmentation des prestations sociales. Cet élément de rapidité est important dans cette période d’incertitude et de dégradation accélérée. Il faut agir vite. La période de transition du pouvoir aux USA a un peu bloqué les initiatives. Mais l’inconvénient majeur d’un surplus de pouvoir d’achat est une forte déperdition dans l’effet sur l’économie réelle : le surplus de revenu donné par l’Etat aux ménages ne va pas forcement amener ceux-ci à acheter des produits fabriqués dans le pays et donc encourager la croissance. Les ménages risquent bien de dépenser ce surplus en produits importés, comme des ordinateurs, des produits textiles etc… favorisant les pays structurellement exportateurs comme la Chine, le Japon ou l’Allemagne.

L’investissement

L’avantage d’engager l’effort de l’Etat dans des dépenses d’investissement, c’est que celles-ci induisent une faible déperdition : en construisant des infrastructures publiques (ponts, tunnels routes etc.) ce sont les entreprises du pays (certes du BTP), qui en profitent. L’inconvénient est que la mise en œuvre est longue. Ainsi le plan, Obama sur l’investissement n’entrera pas en vigueur avant fin avril, voire même cet été si le congrès américain est d’accord pour voter ce plan. Il en est de même pour le plan de relance français.

La population n’en verra pas immédiatement les effets et donc peu mal interpréter l’effort étatique… Pas très rentable politiquement. En plus de cela la situation est urgente et se dégrade rapidement.

Conclusion : les principaux Etats occidentaux choisissent (dans des proportions diverses) d’engager leur plan de relance aussi bien en direction de l’investissement que de l’augmentation du pouvoir d’achat.