octobre 8, 2009
Une puissance économique
Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine à Pékin. 60 ans plus tard, la Chine devient la 3ème puissance économique mondiale, dépasse l’Allemagne également en devenant le premier exportateur mondial. La Chine cumule les superlatifs dans les médias et les milieux économiques et d’affaires. Bref à ce rythme là la Chine deviendra la première puissance économique mondiale devançant les USA d’ici 2020.

Une puissance contrastée
J’ai toujours été très prudent face à cet enthousiasme notamment depuis que j’entends de plus en plus d’entreprises être déçues de leurs investissements pour profiter de ce gigantesque marché. Paradoxe ? Ou est-ce que les quelques témoignages que j’ai reçus ne sont que des cas isolés et ne reflètent pas du tout la réalité ?
En fait la Chine est un pays de contraste. Le potentielle est certes énorme, mais il y a encore un monde entre les possibilités économiques de ce pays et la réalité.
Si on regarde les chiffres de la Banque Mondiale on voit que les Chinois ont de faibles revenus.

Une puissance encore en voie de développement
Pour confronté mon analyse et mon opinion, j’ai regardé l’émission très intéressante qui s’est tenue sur France 5 dans « c’est dans l’air » d’Yves Calvi : « La Chine : 60 ans après Mao ».
On y apprend de la part les invités (économistes, géopoliticiens…) que l’on paie des impôts à partir de 130 euros environ de revenu par mois. L’impôt étant prélevé à la source. Mais surtout qu’au total il y a seulement 65 millions de contribuables chinois. Cela veut dire que seuls 65 millions d’individus ont des revenus supérieurs à 130 euros par mois. C’est très peu pour un pays qui compte 1.350 millions d’habitants (soit 1 personne sur 20 seulement).
Les zones rurales pauvres représentent environs 800 millions de personnes.
Enfin le plus étonnant est d’apprendre que la première armée du monde compte « que » 200.000 soldats correctement équipés le reste (soit 2 millions) se contentent d’équipements obsolètes. La parade militaire pour fêter l’anniversaire des 60 ans de République populaire de Chine donnait une toute autre image. Etrange décalage !
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Economie mondiale, Entreprise | Tagué : 60, ans, après, chine, la, Mao |
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Publié par jf66michel
octobre 3, 2009
Le salon de l’automobile de Frankfort vient de se terminer et la voiture électrique a été la vedette. Quasiment tous les constructeurs ont exposé des modèles électriques avec la palme d’or à Renault qui s’engage à produire en grande série d’ici 2011 4 véhicules électriques à un prix abordable. Pour Carlos Gohsn, Pdg de Renault la voiture électrique représentera 10% des ventes dans le monde d’ici 10 ans.
Pourtant le groupe PSA et surtout le premier groupe européen Volkswagen restent plutôt prudents sur la réalité du marché de la voiture électrique. Martin Winterkorn président de groupe Volkswagen déclare même « la voiture électrique ne se jouera pas au sprint, mais au marathon. Promettre que cette technologie du futur est prête pour la production de masse est un mensonge ». Sévère ! Alors qui a raison ?
La voiture électrique : déjà une vieille histoire.
La voiture électrique n’est en rien quelque chose de nouveau. La première électrique exposée l’a été en 1881 à l’occasion de l’Exposition internationale d’Électricité de Paris. En 1899 la voiture électrique surnommée « la jamais contente » devient la première voiture à franchir les 100km/h.
Technique simple mais problèmes techniques
La technique de la voiture électrique n’a rien de plus simple, notamment les moteurs. Le seul problème est que l’on ne sait pas encore bien stocker l’électricité de façon suffisamment durable. Le problème technique tourne donc autour de la capacité de la batterie. Actuellement les capacités des batteries dans les véhicules électriques n’autorisent qu’une autonomie de 80 km au mieux, même si les constructeurs exagèrent un peu en annonçant 150 km.
Pourtant les batteries à l’ion/ lithium fait beaucoup de progrès. L’électra, voiture française (cocorico !!) a une autonomie de 400 km pour une puissance de 350 chevaux et des accélérations à faire pâlir n’importe quelle Ferrari. N’est-ce pas une percée significative qui annonce une généralisation de la voiture électrique ? Carlos Gohsn aurait raison et les constructeurs qui n’y croient pas prendraient-il du retard ?
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Publié par jf66michel
septembre 30, 2009
L’erreur statistique
Voilà le 24ème suicide en 18 mois, la pression monte. Est-ce un phénomène purement médiatique ? Il est facile de le penser. Pourquoi ? En France le taux de suicides est de 16 à 20 pour 100.000 personnes. Donc finalement France Telecom qui compte un effectif de 102.000 personnes en France, est dans la moyenne ? Ensuite la direction de France Telecom rappel qu’en 2000, moment de forte mutation technologique, l’entreprise a enregistré 28 suicides et 29 en 2002 sans que quiconque s’en inquiète dans les médias ; qui étaient restés silencieux !
A la vu de ces chiffres, il est facile d’adopter une telle vision des choses. Non seulement elle est fausse mais elle est le produit d’une manipulation des chiffres à qui ont fait dire ce que l’on veut. Cela traduits bien des pratiques de management de types soviétiques, d’un autre âge, qui malheureusement se répand de plus en plus en France et qui a mené le PDG de France Telecom à lâcher, en toute décontraction, l’expression « la mode des suicides ».
Les 24 suicides chez France Telecom sont directement liés aux conditions de travail. Comparer ce chiffre au taux annuel de suicide de 26 / 20 pour 100.000 en France est une aberration car ce chiffre englobe toutes les causes de suicides. Enfin si ce raisonnement été vrai, les suicides seraient aussi nombreux chez d’autres grandes entreprises françaises comptant plus de 100.000 salariés en France, comme Total, EDF etc. Il y en a certes eu (suicide directement lié au travail) chez Renault et PSA, mais des actions correctrices rapides et semble t-il efficaces ont été prises.
Pourquoi on en parle aujourd’hui?
Pourquoi parle t-on des suicides liés au travail aujourd’hui chez France Telecom ? Parce que l’impératif du court terme, le management par le stress, voire par la terreur, se répand en France. Des critiques se font de plus en plus vivent à l’encontre de certaines écoles prestigieuses de commerce et de management où le profit de cours terme, la rentabilité sont sanctuarisés au détriment de l’humain qui n’est qu’une variable d’ajustement et le salarié considéré comme un bien marchand. A cela s’ajoute la pression grandissante des objectifs à tenir, la peur de perdre son emploi. Enfin la presse, qui est aussi une entreprise, n’est elle-même, pas épargnée, bien au contraire, par ce mouvement. Tous ces éléments créent ainsi un climat et un environnement où aussi bien les médias que les salariés français se sentent concernés.
Attention !! danger politique
Pour le gouvernement actuel, il y a donc bien danger politique. Les suicides chez France Télecom risquent de cristalliser un certain ras-le-bol de la classe des salariés et un émoi national fort. Principal actionnaire de l’entreprise avec 27% l’Etat ne peut pas se contenter de vagues promesses de changements de méthode de management. Certes changer les dirigeants ne changera factuellement pas les méthodes des cadres supérieurs responsables des pratiques managériales moyenâgeuses. Cependant cela aura l’avantage de donner un signale fort aussi bien au niveau de l’entreprise qu’au niveau politique. Mais les déclarations de Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, (arrivé chez France Télécom au début du mois pour prendre la succession de Didier Lombard en 2011) ne semblent pas aller dans ce sens.
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Entreprise, Politique |
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Publié par jf66michel
juillet 11, 2009
Il aura fallu à peine 40 jours pour que le constructeur General Motor sorte officiellement de la faillite. Ça y est, c’est promis, GM va relever le défi, GM va changer, adopter une nouvelle culture, s’adapter et devenir un constructeur rentable ! Au-delà du discours lénifiant du politique (peut-il en être autrement ?) et des promesses, est-ce que le New GM peut être viable à terme ?
Ce qui est avant tout présenté est un nouvel actionnariat :
Le Trésor américain (qui a versé 50 milliards de dollars d’aides depuis décembre) en est actionnaire à 61 %, l’Etat canadien détient 12 %, le syndicat unique des ouvriers automobiles (UAW) 17,5 % et les créanciers doivent se contenter de 10 %. Les autres actionnaires ont simplement plus rien.
La question de la dette
La dette de GM passe de 172 milliards de dollars en mars 2009 à … 11 milliards de dollars ! en juillet. Un miracle ! Cela ne peut donc que donner un ballon d’oxygène à GM ? C’est à double tranchant : effectivement les intérêts à payer de cette énorme dette de 172 milliards condamnaient la rentabilité de l’entreprise, mais quel acteur privé (fournisseurs, banques, nouveaux investisseurs …) voudra de nouveau faire crédit à GM sachant que 161 milliards de dollars de créances ont été annulés ? En affaire la confiance est fondamentale. Détruite elle ne revient pas de si tôt.
Du sang neuf pour relever le défi
Il en de même en ce qui concerne les salariés sur qui reposent la réussite du défi. Or les salariés les plus brillants écœurés par l’incohérence de la stratégie de l’ancienne équipe ont déjà quitté l’entreprise. Le plan de réduction des coûts ne va pas arranger la situation : une nouvelle réduction des effectifs de « cols blancs » de 20 %, est annoncée soit 6 000 emplois. En outre, la firme supprime 35 % de ses postes de cadres supérieurs. Bob Lutz est rappelé pour diriger le marketing et dynamiser les ventes. Cet ancien cadre dirigeant membre de l’ancienne équipe (vice-président de GM en charge du plan produit global du groupe rentré en 2001) a 77 ans ! Voilà du sang neuf.
GM compte sur la création de nouveaux modèles moins gourmands en carburant pour reconquérir le marché américain, s’adapter à la demande (enfin ?) du consommateur. Mais il faut entre 2 et 3 ans pour concevoir et produire de nouveaux modèles. Pourquoi les salariés « se donneraient-ils à fond » pour leur entreprise alors qu’ils sont dans un contexte où ils ne sont que des pions ? Opel, (forme de GM Europe) qui aurait pu fournir immédiatement des véhicules adaptés à la demande du consommateur a été …. vendu !
La « Volt » la voiture électrique dotée d’un petit moteur thermique semble être un premier espoir de renouveau. Mais elle est vendue 40 000 dollars !
Le marché automobile américain au niveau de 1962
Enfin les nouveaux dirigeants comptent vendre 10 millions de véhicules pour que GM deviennent de nouveau rentable. Problème : en 2009 le marché automobile américain (principal marché de GM) est passé de 16 millions d’unités vendues (en 2006) à 9,7 millions (soit un niveau de la seconde moitié des années 1960, alors que les USA comptait un tiers d’habitants en moins). La part de marché de GM est passé à 19,3 % avec des ventes qui ont plongé de 33,6 % en juin.
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Publié par jf66michel
juin 22, 2009
Renault a estimé que le marché automobile européen (notamment en ce qui concerne la firme française soit 63% de son marché total) ne connaîtrait pas d’amélioration que dans 1 an soit au mieux vers le deuxième semestre 2010. Bien mal lui en a pris !! car l’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, vendredi soir, la note de crédit long terme du constructeur automobile. La note passant ainsi de BBB- à BB . En effet l’agence estime que la persistance de la morosité du marché automobile affecte Renault dans sa rentabilité et donc dans sa capacité à rembourser ses emprunts.
Quelles conséquences ?
Outre la chute du titre Renault en bourse, les conséquences sont loin d’être négligeables : Renault devra payer des intérêts plus élevés sur les emprunts qu’elle lancera auprès des instituts financiers qui, eux, se basent sur ces notes des agences de notation. Issue de ces frais financiers supplémentaires, c’est la rentabilité qui s’en trouve affectée. Enfin Renault, en terme de santé et de solidité financière inspirera moins confiance. Bref un vrai cercle vicieux.
La question de l’honnêteté et de la transparence.
Compte tenu de cela, finalement est-ce que Renault n’aurait pas dû divulguer une sérénité de façade face à la perspective du marché automobile et publier une analyse faussement optimiste? Cela aurait été dans son intérêt. Quand on connaît la pression des actionnaires peut-on penser que les entreprises font preuve d’autant d’honnêteté et de transparence que Renault ? On peut largement en douter.
Au-delà de Renault, cet exemple montre que les banques (et aussi le système financier) n’ont pas non plus intérêt à divulguer de mauvaises nouvelles économiques pour éviter le même désagrément.
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mai 15, 2009
Phénomène nouveau qui prend de l’ampleur sans pour autant être une tendance de fond : celui des relocalisations. De plus en plus d’entreprises de l’hexagone rapatrient leur production délocalisée dans les pays dits « à faibles coûts de main d’œuvre». Difficile de quantifier l’ampleur de ce mouvement. Mais les exemples d’entreprises qui ont franchit le pas sont de plus en plus nombreux. Celles qui n’ont pas encore relocaliser mais qui y réfléchissent sérieusement sont encore plus nombreuses.
Les avantages sur le papier sont moins évidents dans la réalité.
Si les calculs sur la papier ne laissent aucun doute, le doute est par contre dans la réalisation. Pourquoi une telle différence entre le calcul et le constat pratique ? Il y a quatre raisons principales:
.1 Il y a d’abord le coût du transport qui se révèle plus cher avec l’augmentation du prix de l’énergie. Certes le cours du pétrole est fortement redescendu depuis. Mais à terme, du fait de la limitation physique des réserves le prix ne restera pas à ce niveau plutôt bas. Selon le quotidien, les « echos.fr », en 2000 avec un baril à 20$, le prix du transport représentait un surcoût de 3% sur un produit manufacturé. Aujourd’hui il est de près de 11%.
.2 Le coût de la main d’œuvre lui aussi augmente dans les pays émergeants. Avec une augmentation salariale de plus de 50% en 2008 après une augmentation substantielle du même type en 2007, Dacia en Roumanie est un très bon exemple.
.3 La part de la main d’œuvre dans les produits manufacturiers à moyenne valeur ajoutée n’est pas aussi important que cela. Elle est souvent comprise entre 7% à 18% du prix du produit.
.4 Il y a le coût de la non-qualité. C’est souvent des coûts invisibles, difficilement calculable mais bien réels. Les dégâts en terme d’image doivent être rattrapés par des dépenses supplémentaires de SAV, de dépense marketing et de communication. Renault par exemple paie encore les défaillances de certains modèles notamment en terme d’électronique. La méfiance du consommateur est tenace et les 250 millions de dollars investis en de F1 pour améliorer l’image n’y changeront rien.
Un calcul du coût de la main d’œuvre souvent faux
. Sous la pression des financiers et du résultat de court terme, les industrielle oublient trop souvent que le salaire n’indique pas le coût de main d’œuvre. Il faut ramener ce coût salarial à la productivité. Cela est trop souvent ignoré. C’est vrai qu’il est tellement plus simple de s’extasier devant un salaire de 1$ l’heure d’une ouvrière chinoise. Mais si celle-ci produit, pas exemple, 30 pulls à l’heure (soit 0,034$ par pull), elle reviendra beaucoup plus cher qu’une ouvrière française à 10$ de l’heure mais qui sort 400 pulls (soit 0,025$ par pull), durant la même période. Et tant bien même que l’ouvrière chinoise pourrait produire le même nombre de pulls, la machine qu’elle devra utiliser lui imposera une qualification bien plus élevée. Et son salaire ne restera pas à 1$ de l’heure.
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Economie mondiale, Entreprise | Tagué : bonne, confirme, les, nouvelle, qui, relocalisations, se, tendance, une |
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Publié par jf66michel
mai 14, 2009
Depuis quelques temps certains économistes et gouvernements voient des signes positifs. Est-ce que la reprise sera pour 2010 comment annoncée ?
Selon les études d’opinions et notamment les études sur le moral des entrepreneurs, le climat semble des affaires se ressaisir. Mais ces études ne reflètent pas forcement la réalité du terrain, même s’il s’en approche.
L’indicateur le plus représentatif de cette réalité est la croissance de la production industrielle. Pourquoi ? C’est autour de l’industrie que gravitent les entreprises de prestation de services (Conseil, publicité, etc.) et du service à la personne : deux secteurs grands pourvoyeurs d’emplois. Sans noyau industriel stable et solide, le secteur des services ne peut pas se développer. C’est la croissance économique qui s’en trouve ainsi menacée.

Lien entre l’industrie est les secteurs du service et du service à la personne
Or les derniers indicateurs de la production industrielle dans la zone euro ne laisse pas vraiment encore la place à l’optimisme : celle-ci a chuté de 2% en mars selon Eurostat ce qui représente une régression de 20,2% sur un an. En février la chute de la production industrielle était un peu plus sévère : – 2,5% soit une régression de –19% sur l’année.
Ces mauvais chiffres de la production industrielle indiquent bien que les signes positifs repérés ici et là ne restent que des signes. Certes la chute devient moins forte, mais l’économie européenne et mondiale chute toujours, ce qui revient finalement au même. Difficile de prévoire quand cette chute s’arrêtera et surtout difficile de croire que la reprise, quand elle aura lieu, sera vigoureuse.
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Comprendre la crise économique de 2008, Economie mondiale, Entreprise | Tagué : 2010, crise, de, en, euro, evolution, la, quelle, reprise, zone |
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Publié par jf66michel
avril 16, 2009
Les entreprises peinent à investir, les banques sont assez fébriles dans la distribution du crédit. Le lien est alors assez rapide à faire : si les entreprises, dans leur ensemble, n’arrivent plus à investir c’est la faute aux banques. Conclusion simple mais pas tout à fait vraie. Il y a deux éléments qui expliquent cette difficulté.
Comment sont redistribués les profits nets des entreprises?
1. Effectivement les affaires se dégradent ce qui se répercutent sur la rentabilité : les capacités de production des entreprises sont utilisées à hauteur de 69,8% % en France (près de 69,3%, % aux USA, le plus bas depuis 1967 date de la création de cette statistique). Le risque dans le prêt aux entreprises est donc plus grand pour les banques qui se montrent logiquement plus prudente (d’autant qu’il leur a été reproché d’avoir pris des risques inconsidérés auparavant).
2. Mais surtout, les entreprises ont reversé près de 75% de leurs profits nets (après impôts) à l’actionnaire et n’en ont gardé que 9% pour l’investissement et 15% pour l’intéressement aux salariés (sous forme de participations). C’est ce qui en ressort d’un petit calcul qu’à fait le mensuel économique « alternatives économiques » en analysant les chiffres de l’INSEE des entreprises en 2006. Pas étonnant donc que les entreprises aient du mal à financer les investissements pour trouver des nouveaux relais de croissance.

Et les entreprises du CAC 40 ?
Les 40 plus grosses entreprises françaises n’échappent pas non plus à cette tendance, bien au contraire. Elles ont dégagé 94 milliards de profits, soit un bénéfice net (après impôts) de 59 milliards d’euros. (l’Etat recevant donc 35 milliards). Les bénéfices nets des sociétés du CAC 40 recul de près de 41% par rapport à 2007. Les dividendes versés à l’actionnaire sont de 37,5 Mrd d’euros soit une baisse de « seulement » 8% par rapport à 2007 ! Les dividendes versés à l’actionnaire représentent près de 63% du profit net. Mais pour faire monter le cours de l’action et améliorer quelques ratios, les entreprises du CAC 40 ont racheté pour 11,2 Mrd d’euros de leur propre action. Il ne reste que 10 Mrd d’euros pour l’investissement soit à peine 17%.
Souhait du Président de la République et le mauvais exemple des entreprises publiques
On est donc bien loin du souhait du président de la république dans son intervention télévisée de février 2009 qui voulait une répartition de du bénéfice net à hauteur de 1/3 pour les actionnaires 1/3 pour l’investissement et 1/3 pour l’intéressement aux salariés.
Les entreprises ayant l’Etat comme principal actionnaire, ne donne pas du tout l’exemple. Pour preuve: en 2008 EDF distribue 73% de ses bénéfices à ses actionnaires, GDF Suez 74% et France Telecom 90%.
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Comprendre la crise économique de 2008, Entreprise |
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Publié par jf66michel
avril 11, 2009
Le chapitre 11
Le dépôt de bilan se précise pour le géant automobile américain. Est-ce que cela signifie que l’entreprise va disparaître ? En fait non pas du tout. GM sera sous la protection de la loi contre les faillites. Dans le jargon américain on dit que la société sera sous la protection du chapitre 11. C’est une disposition, très encadrée (sous le contrôle d’un comité composé des principaux créanciers) qui permet à une entreprise de suspendre le paiement de ses dettes et autres obligations financières. Et, bien entendu, un plan de restructuration doit être présenté aux autorités américaines et validé par le comité.
GM pourrait t-il disparaître purement et simplement ?
GM a reçu depuis l’automne tout de même près de 13,4 Milliard de $ d’aide de la part de l’administration américaine. Pourquoi tant d’aide ? Certes GM est un symbole aux USA mais surtout l’entreprise représente environ 3 millions d’emplois directs et indirects (par la sous-traitance). Donc peu de chance que le premier constructeur américain disparaisse, c’est à dire qu’il soit liquidé (à savoir l’application du chapitre 7 de la loi américaine contre les faillites).
Enfin GM a quand même quelques petits atouts notamment le marché chinois où le constructeur arrive encore à faire progresser ses ventes (+ 24,6% en mars 2009) à près de 137 004 unités et compte en vendre 2 millions d’ici 5 ans.
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Entreprise, Non classé |
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Publié par jf66michel
avril 1, 2009
Hier soir je me suis retrouvé devant l’usine de Caterpillar de Grenoble qui fait l’actualité. Les télés et les caméras étaient installées dans la cours de l’usine. Pourquoi était-je là ? Non, je ne comptais pas faire un reportage ni de me transformer en médiateur. Je me rendais, tout simplement, à un cours particulier d’économie d’une lycéenne de 1ère ES qui habite tout juste en face de l’usine. Sur les conséquences de la crise économique, elle avait un exemple concret juste sous sa fenêtre.
J’ai pu discuter avec un des grévistes en faction devant la cours de l’usine. Pas de doute, les 2500 salariés du site de Grenoble et d’Echirolles (banlieue grenobloise) sont très nerveux, inquiets assez déterminés. Certes il ne s’agit « que » de suppressions de 733 emplois. Mais la peur est de voir à terme la fermeture totale du site. Il n’y a plus de promesse qui tienne : l’exemple de Gandrange en Lorraine ou de Continental dans l’Oise sont dans les esprits.
Une réalité assez dure et un reclassement difficile
Certains pourraient dire que « finalement ils ne sont pas les seuls, il y a bien eu 80.000 chômeurs de plus en février ! Ils toucheront des indemnisations conséquentes avec 2 ans de chômage pour retrouver un emploi ! »
Ce raisonnement assez logique est en fait assez simpliste et cache une réalité plus dramatique.
. En France, les seniors n’ont pas bonne presse dans les entreprises. A partir de 45 ans il devient plus difficile voire parfois impossible de trouver un travail dans son domaine d’activité.
. La plupart des salariés de Caterpillar ont des compétences bien particulières (comme le montage hydraulique) qui ne sont guères demandées dans l’industrie. Les salariés dans les fonctions de direction auront beaucoup moins de difficulté pour retrouver un emploi à terme. Mais ce n’est pas eux qui font grève.
. L’industrie française est très mal et ne va certainement pas embaucher durant quelques temps. Elle supprimera plus d’emplois qu’elle n’en créera.
. Enfin la crise semble durer selon les analyses des économistes de l’OCDE qui ne sont en rien des cassandres. Si 2009 sera terrible avec une croissance prévisionnelle de – 3,3% 2010 n’apportera pas plus d’espoir avec une prévision de – 0,1% de croissance en France.
Plus rien à perdre
Tous cela les salariés de Caterpillar le savent rendant ainsi les efforts de reclassement peu efficaces. La peur n’est pas le chômage, mais le chômage de longue durée débouchant à terme sur une forme d’exclusion du monde du travail. A cela s’ajoute la réalité des crédits à rembourser et des charges à payer. En cas de défaillance les banques et les Huissiers ne s’attardent pas sur le pourquoi et ne font guère de sentiment.
La multiplication de cas de séquestration de dirigeants est davantage le signe d’une inquiétude exacerbée, du « on a plus rien a perdre » que le fait de mouvements gauchistes extrémistes qui profiteraient de la situation.
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Comprendre la crise économique de 2008, Entreprise |
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Publié par jf66michel