Le mythe de la voiture électrique (partie 2): coup marketing ou véritable avancée ?

octobre 11, 2009

2009_10_11_voiture-electriqLa bagarre pour la matière première : le lithium

On a souvent entendu que le lithium (sous forme d’impureté contenue dans le sel) serait une ressource rare. Apparemment pas du tout. Il y aurait de quoi alimenter une bonne partie toutes les voitures électriques de la planète avec des réserves surtout avec la découverte d’un énorme gisement en Bolivie qui représente à lui seul environ 40% des réserves mondiales.

Aujourd’hui les principaux producteurs(1) sont le Chili, (39,3 % de la production mondiale), la Chine (13,3 %) et l’Argentine (9,8 %). Comme les gisements sont concentrés cela laissera de belles bagarres politico-économiques en perspective.

L’aspect encourageant est que le lithium se recycle à 98% donc pas vraiment de pénurie à prévoir dû à sa consommation.

La voiture électrique : émettrice de CO2 ?

Malgré ce que l’on peut croire, le bilan écologique de la voiture électrique est pas franchement avantageux sauf en France. Pourquoi ? Car l’électricité il faut la produire. Outre le parque de centrales nucléaires en France qui n’émettent pas de CO2, les autres sources de production d’électricité, notamment avec du charbon ou du gaz, font qu’au final la voiture électrique indirectement émet du CO2.

Selon les sources et les calculs de l’ADEME une voiture électrique qui se ravitaille en France émettrait 20g de CO2 par km, 105g pour un ravitaillement en Europe (hors France) et enfin 200g en Chine. Quant ont sait qu’en 2013 les constructeurs s’engagent à construire des véhicules neufs émettant 95g de CO2 par km (120g en moyenne aujourd’hui) on voit que le bilan énergétique de la voiture électrique n’est pas si positif (sauf en France).

Bilan économique à revoir

. Il y a bien sûr le coût de la voiture, de la batterie. La « blue car » de Bolloré est disponible en location. La Mitsubischi I-Mev est vendu à partir de 32.000 euros environ. Mais ce que l’on sait moins c’est le coût d’installation des nombreuses bornes de reste pharaonique (10.000 euros environ l’unité selon l’ADEME). On ne recharge pas une voiture électrique comme on recharge un téléphone portable. Enfin il y a la nécessité de doubler voire de tripler les centrales électriques. Les possibilités de production d’électricité avec les énergies renouvelables y seront très insuffisantes.

Coup marketing et mise en place progressive

L’histoire a montré qu’une nouvelle technologie, surtout de cette ampleur, à besoin de temps pour devenir accessible à la masse de la population. La voiture électrique se généralisera et trouvera son avenir lorsque tous les problèmes techniques et surtout économiques trouveront solutions. Compte tenu des contraintes, la voie la plus viable économiquement semble être la voiture hybride. Toyota a quand même vendu 2 millions d’unités. Aujourd’hui le marché se situe bien là. Volkswagen et PSA notamment font ce pari.

On peut donc en conclure que l’annonce de Renault de produire 4 véhicules électriques à prix abordable d’ici 2012 reste un coup marketing assez astucieux.
(1) statistiques du Meridian International Research


La Chine : 60 ans après Mao

octobre 8, 2009

2009_10_08_chineUne puissance économique

Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine à Pékin. 60 ans plus tard, la Chine devient la 3ème puissance économique mondiale, dépasse l’Allemagne également en devenant le premier exportateur mondial. La Chine cumule les superlatifs dans les médias et les milieux économiques et d’affaires. Bref à ce rythme là la Chine deviendra la première puissance économique mondiale devançant les USA d’ici 2020.

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Une puissance contrastée

J’ai toujours été très prudent face à cet enthousiasme notamment depuis que j’entends de plus en plus d’entreprises être déçues de leurs investissements pour profiter de ce gigantesque marché. Paradoxe ? Ou est-ce que les quelques témoignages que j’ai reçus ne sont que des cas isolés et ne reflètent pas du tout la réalité ?

En fait la Chine est un pays de contraste. Le potentielle est certes énorme, mais il y a encore un monde entre les possibilités économiques de ce pays et la réalité.

Si on regarde les chiffres de la Banque Mondiale on voit que les Chinois ont de faibles revenus.

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Une puissance encore en voie de développement

Pour confronté mon analyse et mon opinion, j’ai regardé l’émission très intéressante qui s’est tenue sur France 5 dans « c’est dans l’air » d’Yves Calvi : « La Chine : 60 ans après Mao ».

On y apprend de la part les invités (économistes, géopoliticiens…) que l’on paie des impôts à partir de 130 euros environ de revenu par mois. L’impôt étant prélevé à la source. Mais surtout qu’au total il y a seulement 65 millions de contribuables chinois. Cela veut dire que seuls 65 millions d’individus ont des revenus supérieurs à 130 euros par mois. C’est très peu pour un pays qui compte 1.350 millions d’habitants (soit 1 personne sur 20 seulement).

Les zones rurales pauvres représentent environs 800 millions de personnes.

Enfin le plus étonnant est d’apprendre que la première armée du monde compte « que » 200.000 soldats correctement équipés le reste (soit 2 millions) se contentent d’équipements obsolètes. La parade militaire pour fêter l’anniversaire des 60 ans de République populaire de Chine donnait une toute autre image. Etrange décalage !


Le G20 Pittsburgh : déclarations communes et décisions

septembre 27, 2009

2009_09_27_G20_PittsburghLes 20 puissants de la planète se sont mis d’accord sur une position commune, notamment sur l’encadrement des bonus. La presse annonce « un nouvel ordre mondial » à l’issu de ce sommet. Bref ! Mission accomplie et tout le monde est content. Promis juré ! Les choses ont changé.

L’obligation de positions communes

Les 20 chefs d’Etat ne peuvent pas quitter le sommet sans une déclaration commune d’un accord. Dans le cas contraire l’effet psychologique sur le monde de la finance et de l’économie sera assez négatif. On a pas besoin de cela en ce moment. La finance et l’économie et pour beaucoup une affaire de psychologie et de confiance. Donc il faut rassurer. Là la mission est accomplie.

Les décisions prises

Bien sûr, dans les faits, parler d’un nouvel ordre mondial est très exagéré. Il y a eu des décisions concernant la réglementation du bonus des traders. Un pouvoir étendu a été donné au FMI et à la banque mondiale. Problème : cela n’a aucun rapport avec la crise financière et économique. On est plus dans le sujet avec l’engagement de réguler et de contrôler les banques dans leurs opérations de spéculation. Comment concrètement ? On est bien obligé d’avouer que ça reste encore un peu vague.

Les règle et leur application

N’y a-t-il pas des règles concrètes qui ont été adoptées par les 20 chefs d’Etat ? Bien sûr qu’il y en a. Mais sont-elles contraignantes ? Pas si sûr. Mais imaginons qu’elles le soient. Ce qu’il faut voir ensuite c’est leur application. C’est bien là que le bât blesse. Exemple des décisions prises depuis novembre 2008 avec les différents G20: l’engagement d’Obama de donner plus de pouvoir à la banque centrale américaine pour contrôler les banques n’a jamais été appliqué. La réglementation des agences de notations, en partie responsable de la crise financière, n’est pas non plus appliquée. Le contrôle des opérations sur fonds propre par les banques subit également le même sort.

Les faiblesses économiques de la Chine

Ce sommet est très intéressant car il a mis en valeur la faiblesse économique de la Chine. Pendant qu’européens et américains discutaient essentiellement de la crise financière, le Président chinois, Hu Jintao lui insistait, tout seul dans son coin, sur la nécessité de poursuivre les efforts de relance économique des pays occidentaux. Pourquoi ? Parce que l’économie chinoise dépend à 40% de ses exportations vers le monde. Le ralentissement des efforts de relance économique de ses partenaires économique tels que l’Europe, les USA ou le Japon légitimement inquiète le Président chinois. La Chine a fourni le plus gros effort de relance de son activité avec en 1 an, pas moins de 450 milliards d’euros soit près de 7% de son PIB dépensé.


Sommet du G20 Pittsburgh : qui est le coupable ?

septembre 24, 2009

2009_09_25_PittsburghCalmer le mécontentement de l’opinion public

 Le sommet du G20 de Pittsburgh qui réunit les 20 plus grandes puissances économiques de la planète doit donc s’entendre sur les nouvelles règles à mettre en place pour limiter folies et imprudences du système financier mondial. Une dizaine de réformes devraient voir le jour. La plus populaire et qui concentre l’attention de l’opinion publique est bien sûr la rémunération des traders, même si la limitation des bonus, factuellement, ne règle en rien le problème.

Le problème de fond : la suppression de la loi dite « Glass Steagall Act »

Car bien malheureusement ce sommet est plus fait pour calmer le mécontentement de l’opinion publique que pour résoudre véritablement le problème de fond.

Lequel est-il ? C’est suppression de la loi dite « Glass Steagall Act », loi qui a été votée en 1933 à l’issu de la catastrophe financière de 1929 pour éviter que les mêmes erreurs se reproduisent. Elle a été supprimée en novembre 1999 par le sénat américain sous la présidence Clinton et bien sûr les mêmes erreurs se sont reproduites aboutissant à la catastrophe de septembre 2008 avec la faille de la banque d’affaires Lehman Brothers.

Que dit cette loi du « Glass Steagall Act » ?

Le Glass-Steagall Act distingue deux métiers bancaires :
1.la banque de détail (ou banque de dépôt) avec ses guichets pour recevoir la clientèle, collecter l’épargne et accorder les crédits aux ménages et aux entreprises.
2. La banque d’investissement (ou banque d’affaires) qui fait des placements sur les marchés financiers (les bourses mondiales) et qui spéculent grâce à leurs traders.

Une banque devait choisir son camps : elle était soit banque de détail soit banque d’investissement.

La cumulation des 2 était impossible car trop dangereuse pour l’économie et qui avait entraînée la crise économique de 1929. Pourquoi dangereuse ? Car la banque d’investissement qui spécule est très lucrative. Si elle permet de réaliser des profits records le revers de la médaille est que les risques pris sont importants. Le danger de faillite réel de la banque d’investissement ne doit pas entraîner la faillite de la banque de détail vitale pour l’économie. Bref ce qui s’est passé en 1929 et en septembre 2008.

Pour limiter simplement les abus du système financier il suffirait simplement de remettre en place cette loi du Glass-Steagall Act qui sépare banque de détail et banque d’investissement. Si les banques d’investissements recommencent les mêmes pratiques (ce qui est bien le cas) avec leurs imprudences elles pourront faire faillite sans menacer le système économique. Bien sûr les Etats ne viendraient pas à leur secours et dépenser l’argent du contribuable pour les sauver.

Qui sont les coupables?

Conclusion : les vrais coupables sont l’administration Clinton et ceux au sénat américain qui ont voté cette l’annulation du Glass-Steagall Act. Mais c’est si simple de taper sur les traders, coupables tous désignés et politiquement très payant.

Enfin, les banques savent que les Etats interviendront encore une fois si elles sont, à nouveau, menacées de faillite. Bref elles se sentent immortelles comme le dit Alain Minc. Alors pourquoi se gêner ?


Prix Nobel d’économie : le prix Nobel d’économie n’existe pas !!

septembre 20, 2009

2009_09_20_nobelEn 1895, par volonté testamentaire, Alfred Nobel a créé 5 prix Nobel : la physique, la chimie, la médecine, la paix et la littérature. Les mathématiques sont absentes et l’économie complètement ignorée.

 Pourquoi appelle t-on ce prix « prix Nobel » alors ? Parce que c’est un abus de langage et surtout une confusion facilitée par le fait que ce prix d’économie est également géré par la fondation Nobel, qu’il en suit les mêmes règles d’attribution et enfin qu’il est décerné à la même date.

Que devrait-on dire alors? On devrait dire: « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel » .

Le « prix Nobel d’économie », tel qu’on l’appelle en abus de langage, est plus le résultat d’un « coup » de quelques économistes influents et du gouverneur de la Banque de Suède, qui ont réussit à convaincre la Fondation Nobel, et l’Académie royale des sciences de Suède (non sans résistance de la part de ses membres) de décerner un prix pour l’économie.

C’est ainsi que pour les 300 ans de la banque centrale de suède, la plus vieille banque centrale du monde, un prix de l’économie fut crée en 1968. La première distinction sera décernée en 1969 conjointement à Jan Tinbergen et Ragnar Frisch.


La Chine et l’Inde vont soutenir la croissance mondiale en 2009 selon la banque mondiale

juillet 4, 2009

2009_07_04_decouplageVoilà que ce rapport donne un peu d’espoir : la Chine et l’Inde par leur croissance économique permettraient donc de tirer l’économie mondiale. C’est ce que l’on appelle en économie la théorie « du découplage » (1). C’est sur cette théorie que se base la banque mondiale pour faire son évaluation de croissance.

Pays à croissance extravertie

Or cette théorie selon laquelle la Chine et l’Inde tireront la croissance en 2009 et surtout en 2010 a beaucoup de plomb dans l’aile dans les faits. Pourquoi ? D’abord parce que la Chine par exemple tire principalement sa croissance de ses exportations (19,5% vers le Japon, 21% vers les USA, 20% vers l’UE et 34% vers l’Asie). Les exportations des biens et services de la Chine représentent 40% de son PIB. Bref la Chine a une croissance économique très extravertie. L’Inde est à peu près dans le même schéma. Donc les pays émergeants comptent sur la croissance économique des USA, de l’UE et du Japon pour sortir du marasme économique.

Un commerce d’abord intra-européen

Mais pourtant les pays les exportations des pays de l’UE jouent un grand rôle dans leur croissance : c’est plus de 25% du PIB pour les pays de la zone euro. L’Allemagne à elle seule a des exportations qui représentent plus de 35% de son PIB soit presque autant que la Chine ! Donc les pays de l’UE ne profitent-ils pas quand même du gigantesque potentiel que représente le marché chinois ou de l’inde ? Effectivement on peu se poser la question quand on sait que la Chine, par exemple, va représenter le premier marché automobile mondial.

En fait les pays européens commercent essentiellement entre eux. En moyenne les exportations des pays de l’UE vont à 65% vers les pays de l’UE, 15% vers les USA et le reste vers l’Asie principalement. Le principal pays d’accueil des exportations allemandes est la France. Et vis versa : le principal client des produits français c’est l’Allemagne.

Relancer une demande interne

La Chine représente à peine moins de 5% de la consommation mondiale, la Russie 1% tout comme l’Inde. Quand on sait que les USA à eux seuls assurent 35% de la consommation mondiale et les pays de l’UE 22% il est évident que les pays émergeants doivent absolument restructurer leur croissance non plus vers les exportations, mais vers leur marché intérieur. Le gouvernement chinois par exemple en a bien conscience. Bonne nouvelle pour les économies occidentales ? Pas pour autant car d’abord cette réorientation prendra plusieurs années. Ensuite les autorités chinoises ont bien fait comprendre qu’elles feraient profiter cette nouvelle croissance (et presque exclusivement ?) d’abord aux entreprises du pays.

Résultat : les conclusions de la banque mondiale ont toute chance d’être fausses et de décevoir encore un peu plus ceux qui accordaient du crédit aux prévisions économiques.

(1) les pays émergeants comme la Chine, l’Inde, le Brésil (y ajoutant la Russie pour certains auteurs) auraient une économie suffisamment forte pour pouvoir tirer leur croissance d’une demande intérieure grandissante grâce à leur forte population qui se transforme en un vaste marché. Ainsi les pays occidentaux en profiteraient par leurs investissements qui leur assure une présence sur le terrain et bien sûr les exportations qui finalement assureraient un surplus de croissance salutaire.


Quelle crédibilité des prévisions économiques ?

mai 24, 2009

2009_05_23_prevision_ecoJ’ai fait un petit exercice : j’ai recherché les articles (de journaux sérieux) économiques sur les prévisions de croissance des gouvernements et autres instituts de conjoncture faites fin décembre 2008 : soit en pleine tornade financière et une production manufacturière à l’arrêt. C’est éloquent !

En Allemagne le très sérieux institut économique IFO (équivalent à de l’insee en France) annonçait une récession (tout de même) de –2,2% pour 2009 (notez le virgule 2 , comme si on pouvait être aussi précis !). Le gouvernement allemand était plus prudent et admettait une prévision de –3% sur l’année 2009.

Résultat des courses –3,8% pour le seul premier trimestre 2009 (avec un rythme annuel de –7%).

Pour la France, à la même période (toujours fin décembre 2008), l’INSEE annonçait une récession de – 0,4% pour le trimestre 2009. Notre ministre de l’économie était plus optimiste (au diable tous ces pessimistes et autres cassandres !) et entrevoyait une fourchette de croissance entre 0,2 et 0,5% en 2009. Réalité au premier trimestre 2009 : un recul de –1,2% après celui de –1,5% au dernier trimestre 2008. Et pour 2009 ont se dirige vers une récession de –3% quoique plus proche de –4%.

Comme quoi les prévisions économiques sont très très loin d’être une science exacte. Et comment percevoir les signes positifs annoncés de reprise ici et là.

Quelle attitude avoir alors ? rester optimiste, voir le cataclysme ? Peut être que la meilleure approche est de voir la réalité en face, surtout quand elle en fait pas plaisir ! « Appeler un chat un chat ! »


L’économie française semble mieux « résister » à la crise notamment face aux autres pays européens et aux USA. Pourquoi ?

mai 23, 2009

2009_05_23_eco_franceL’économie française semble mieux « résister » à la crise économique mondiale, ou plutôt fait moins mauvais. Au premier trimestre 2009 la récession est de –1,2% en France contre –1,8% en Espagne, -1,9% au Royaume-Uni, – 2,4% en Italie, –3,8% en Allemagne, -6,2% aux USA et enfin –3,4 au Japon.

La consommation intérieure moteur de la croissance économique

La France tire sa croissance économique principalement de la consommation, même si ce n’est pas autant que les USA (70% de la croissance). Les exportations françaises représentent 19% du PIB environ contre près de 40% pour l’Allemagne qui compte sur l’extérieur pour tirer sa croissance. Les exportations américaines comptent encore moins dans le PIB des USA : à peine 11%. Donc la sévérité de la récession de l’Allemagne est principalement due à la conjoncture mondiale et ne peut pas compter sur la consommation intérieure. Il en est de même pour le Japon 4ème grand pays exportateur.

Pourquoi la consommation des ménages résiste ?

La France est un pays qui bénéficie d’un système de protection sociale fort, avec une bonne part de redistribution d’allocations : allocation familiale, aides au logement divers, RMI etc. Cette protection sociale soutien la consommation, surtout en terme psychologique : comme les ménages se savent plus ou moins protégés financièrement (pour un temps) si un licenciement survenait, ils peuvent continuer à consommer. Ainsi ils changent assez peu leur habitude de consommation. Pour preuve est que la consommation française a progressé légèrement au premier trimestre 2009 (voir graphique).

Indicateurs du 1er trimestre 2009 par rapport au 4ème trimestre 2008

2009_05_23_graph_conso_fran

Tableau: lesechos.fr

Le consommateur français a aussi une particularité : il n’aime pas le risque, il n’aime pas s’endetter plus que de raison. C’est ainsi que les prêts immobiliers à taux variable sont marginaux en France (et encore ils sont capés, c’est à dire encadrés), contrairement aux USA, en Espagne ou au Royaume-Unis. Donc le désendettement qui produit son effet négatif est moins forte en France, puisque les ménages français sont bien moins endettés que les autres ménages étrangers.

Le cas des USA

Mais alors que se passe t-il au USA ? La consommation a une proportion encore plus importante dans la croissance économique, plus que la France !

Même si 90% des américains ont une protection sociale, celle-ci est faible. Pour s’en convaincre il suffit de regarder le film Michael Moore. Des salariés d’une ancienne usine Ford qui vient de fermer près de Détroit n’ont reçu pour toute indemnité que des tickets restaurants.

Enfin les Américains consomment beaucoup à crédit. En temps de crise l’effet désendettement des ménages sur l’économie ne peut être que très violent.

Vive le modèle français ?

La forte protection sociale est donc un très efficace coussin anti-crise. Même le journal économique ultra libéral « the economiste » célèbre le modèle français qui est « pour le moment, bien plus adapté dans les phases de crise ». Mais le revers de la médaille est un endettement élevé. Pourra t-on toujours se permettre cette protection sociale ?


Bonne nouvelle : les relocalisations, une nouvelle tendance qui se confirme

mai 15, 2009

2009_05_15_relocalisationPhénomène nouveau qui prend de l’ampleur sans pour autant être une tendance de fond : celui des relocalisations. De plus en plus d’entreprises de l’hexagone rapatrient leur production délocalisée dans les pays dits « à faibles coûts de main d’œuvre». Difficile de quantifier l’ampleur de ce mouvement. Mais les exemples d’entreprises qui ont franchit le pas sont de plus en plus nombreux. Celles qui n’ont pas encore relocaliser mais qui y réfléchissent sérieusement sont encore plus nombreuses.

Les avantages sur le papier sont moins évidents dans la réalité.

Si les calculs sur la papier ne laissent aucun doute, le doute est par contre dans la réalisation. Pourquoi une telle différence entre le calcul et le constat pratique ? Il y a quatre raisons principales:

.1 Il y a d’abord le coût du transport qui se révèle plus cher avec l’augmentation du prix de l’énergie. Certes le cours du pétrole est fortement redescendu depuis. Mais à terme, du fait de la limitation physique des réserves le prix ne restera pas à ce niveau plutôt bas. Selon le quotidien, les « echos.fr », en 2000 avec un baril à 20$, le prix du transport représentait un surcoût de 3% sur un produit manufacturé. Aujourd’hui il est de près de 11%.

.2 Le coût de la main d’œuvre lui aussi augmente dans les pays émergeants. Avec une augmentation salariale de plus de 50% en 2008 après une augmentation substantielle du même type en 2007, Dacia en Roumanie est un très bon exemple.

.3 La part de la main d’œuvre dans les produits manufacturiers à moyenne valeur ajoutée n’est pas aussi important que cela. Elle est souvent comprise entre 7% à 18% du prix du produit.

.4 Il y a le coût de la non-qualité. C’est souvent des coûts invisibles, difficilement calculable mais bien réels. Les dégâts en terme d’image doivent être rattrapés par des dépenses supplémentaires de SAV, de dépense marketing et de communication. Renault par exemple paie encore les défaillances de certains modèles notamment en terme d’électronique. La méfiance du consommateur est tenace et les 250 millions de dollars investis en de F1 pour améliorer l’image n’y changeront rien.

Un calcul du coût de la main d’œuvre souvent faux

. Sous la pression des financiers et du résultat de court terme, les industrielle oublient trop souvent que le salaire n’indique pas le coût de main d’œuvre. Il faut ramener ce coût salarial à la productivité. Cela est trop souvent ignoré. C’est vrai qu’il est tellement plus simple de s’extasier devant un salaire de 1$ l’heure d’une ouvrière chinoise. Mais si celle-ci produit, pas exemple, 30 pulls à l’heure (soit 0,034$ par pull), elle reviendra beaucoup plus cher qu’une ouvrière française à 10$ de l’heure mais qui sort 400 pulls (soit 0,025$ par pull), durant la même période. Et tant bien même que l’ouvrière chinoise pourrait produire le même nombre de pulls, la machine qu’elle devra utiliser lui imposera une qualification bien plus élevée. Et son salaire ne restera pas à 1$ de l’heure.


Zone euro : quelle évolution de la crise ? Reprise en 2010 ?

mai 14, 2009

2009_05_14_production_indusDepuis quelques temps certains économistes et gouvernements voient des signes positifs. Est-ce que la reprise sera pour 2010 comment annoncée ?

Selon les études d’opinions et notamment les études sur le moral des entrepreneurs, le climat semble des affaires se ressaisir. Mais ces études ne reflètent pas forcement la réalité du terrain, même s’il s’en approche.

L’indicateur le plus représentatif de cette réalité est la croissance de la production industrielle. Pourquoi ? C’est autour de l’industrie que gravitent les entreprises de prestation de services (Conseil, publicité, etc.) et du service à la personne : deux secteurs grands pourvoyeurs d’emplois. Sans noyau industriel stable et solide, le secteur des services ne peut pas se développer. C’est la croissance économique qui s’en trouve ainsi menacée.

2009_05_14_Production_indus

Lien entre l’industrie est les secteurs du service et du service à la personne

Or les derniers indicateurs de la production industrielle dans la zone euro ne laisse pas vraiment encore la place à l’optimisme : celle-ci a chuté de 2% en mars selon Eurostat ce qui représente une régression de 20,2% sur un an. En février la chute de la production industrielle était un peu plus sévère : – 2,5% soit une régression de –19% sur l’année.

Ces mauvais chiffres de la production industrielle indiquent bien que les signes positifs repérés ici et là ne restent que des signes. Certes la chute devient moins forte, mais l’économie européenne et mondiale chute toujours, ce qui revient finalement au même. Difficile de prévoire quand cette chute s’arrêtera et surtout difficile de croire que la reprise, quand elle aura lieu, sera vigoureuse.