La Banque Centrale

juin 7, 2009

 


Le pragmatisme de la BCE rejoint celui de la FED

mai 8, 2009

2009_05_08_bceVoilà la Banque Centrale Européenne acculée au pragmatisme. Fini la priorité accordée au contrôle du volume de monnaie dans l’économie pour lutter contre l’inflation ou les tensions inflationnistes. Normal vu le taux d’inflation très bas ? Pas tant que cela, car la BCE préfère prévenir que guérir : trop de monnaie dans l’économie peut faire ressurgir brutalement l’inflation selon sa doctrine.

Mais voilà, même s’il y a quelques signes positifs, l’ampleur de la récession pour l’année 2009 dans la zone euro sera particulièrement brutale : – 4% de prévision (et encore dans la version optimiste) dont un – 6% pour l’Allemagne, la première économie de la zone. Du jamais vu depuis la crise de 1929. D’où des mesures exceptionnelles de la part de la BCE.

Depuis elle a énormément injecté d’argent dans l’économie pour sauver le système bancaire mais aussi pour relancer l’économie et aller à l’encontre de ses principes de prudence. Aujourd’hui elle abaisse son taux d’intérêt à une plus bas inédit, 1% (encore à 4,25% en octobre 2008) et accepte d’acheter des obligations (titres de créances, souvent émises par l’Etat pour financer ses déficits) pour un montant de près de 60 Milliards d’euros.

Ainsi la BCE rejoint la FED (La banque centrale américaine) dans la vision pragmatique de l’économie. Elle redéfinit ses priorités avec un nouvel objectif : soutenir la croissance. Mais la FED s’est dotée de moyen d’action encore inédit, à savoir en investissant directement dans l’économie et substituant parfois mêmes aux banques commerciales pour faire du crédit aux entreprises ou financer des programmes de rachat immobilier pour soutenir le marché. La BCE n’en est pas encore là.


La réunion du G20 : pourquoi la France et l Allemagne insistent sur les paradis fiscaux ?

avril 2, 2009

2009_04_02_g20Dans leur conférence de presse commune, la Chancelière allemande et le Président français insistent sur la lutte contre les paradis fiscaux et la mise en place d’une liste noire. Pourquoi une telle insistance ? Les 71 paradis fiscaux de la planète ont pourtant causé que bien peu de débats jusqu’à cette crise ! Alors pourquoi subitement maintenant ?

Creusement des déficits publics

Les paradis fiscaux, par l’évasion fiscale, font perdre environ 20 milliards d’euros à la France selon l’estimation du ministère du budget. Cette évasion fiscale est presque du double en Allemagne. C’est beaucoup d’argent. Tant que les déficits étaient contenus à des niveaux raisonnables (à moins de 3% du PIB chaque année) les paradis fiscaux n’étaient que des verrues dans le paysage économique. Mais aujourd’hui, avec les déficits creusés par les plans de relance successifs et la baisse des rentrées fiscales pour cause de récession (environ 100 Mrd d’euros en 2009 contre 40 Mrd d’euros en 2007), la crise génère un cruel besoin d’argent pour l’Etat.

Certes ce dernier peut emprunter sur les marchés financiers via l’émission d’obligations. Mais il y a des intérêts à payer et ceux-ci ne risquent de ne pas rester aussi bas bien longtemps renforçant ainsi l’endettement. Bref ! On n’en sort pas. Cela amènera inévitablement à une hausse des impôts et taxes avec un effet très néfaste sur la reprise économique et un encouragement à l’évasion fiscale.

Une situation différente aux USA avec la banque centrale Américaine (la FED)

L’Etat américain connaîtra également, voire même beaucoup plus, un problème de déficit public. Songeons qu’avec un plan de relance à près de 8% du PIB et un déficit de 1.000 Mrd de $ prévu en 2009 les USA battent tous les records. Ne font-ils alors pas face aux mêmes problèmes que la France et l’Allemagne ? Oui tout à fait mais les USA peuvent compter sur une solution supplémentaire : la FED, la banque centrale américaine. Celle-ci a dernièrement acheté près de 300 Mrd de $ d’emprunt d’Etat. En clair cela revient à dire que la Fed a crée de la monnaie (300 Mrd de $) pour le « donner » à l’Etat américain. Impensable pour la BCE (la Banque Centrale Européenne). Pourquoi ?

FED / BCE : des statuts et une philosophie différents

La BCE a pour seul objectif de lutter contre l’inflation et de veiller à la valeur de l’euro. Point ! Elle a une vision monétariste de l’inflation : une quantité trop importante de monnaie est dangereuse pour les prix. Comme elle est indépendante elle refuse (et c’est même interdit) de prendre directement de la dette d’Etat sur le long terme, comme l’a déjà fait la FED.

La FED, outre des objectifs de lutte contre l’inflation, a également, pour mission, de tout faire pour soutenir la croissance et de lutter contre le chômage. Si elle a, également une vision monétariste de l’inflation, elle reste très pragmatique. Même indépendante du gouvernement, elle est donc prête à outrepasser les règles et jeter aux orties les théories et les pratiques économiques qu’elle défendait il y a encore peu.

On comprend donc que Barrack Obama peut insister sur un plan de relance plus vaste en Europe et fait passer au second plan la lutte contre les paradis fiscaux. Les Américains estiment qu’il y en aura toujours, que ceux qui disparaîtront le seront au bénéfice des paradis fiscaux qui resteront comme les Bahamas, les îles Caïmans, Anguilla et les Bermudes qui n’ont ni impôts sur les revenus ni taxes sur les bénéfices des sociétés.


Rôle d’une Banque Centrale

avril 1, 2008

La banque centrale d’un (ou plusieurs) État est une institution chargée par un pays (ou un ensemble de pays dans le cas d’une zone monétaire comme la zone euro) de superviser :

  • la création de monnaie par le système bancaire,
  • la politique monétaire,
  • et aussi le bon fonctionnement des banques au niveau de leur solvabilité et du respect des réglementations.

Cette institution peut être indépendante du pouvoir politique, en totalité comme la Banque centrale européenne (BCE), ou en quasi-totalité, comme la Réserve fédérale des États-Unis (la Fed).Concernant la politique monétaire, il s’agit dans la plupart des cas de la lutte contre l’inflation afin de garantir la valeur de la monnaie (c’est ainsi l’objectif statutaire de la BCE). Parfois, la banque centrale s’est fixé un niveau d’inflation moyen à ne pas dépasser (par exemple 2% pour la BCE): pour cela, elle dispose de plusieurs instruments lui permettant de faire varier la masse monétaire en circulation dans le pays et le coût des crédits accordés aux particuliers et entreprises.Le principal instrument est la fixation des taux directeurs. Ces taux déterminent le coût pour les banques commerciales à se refinancer auprès de la banque centrale.

Incidences d’une Banque centrale sur l’économie

Le taux d’intérêt du marché de refinancement au jour le jour des banques commerciales est dirigé par la Banque Centrale. D’où son nom de taux directeur.Lorsque le taux d’intérêt baisse, les agents économiques empruntent davantage pour acheter, ce qui provoque une hausse de la demande et donc une tendance à la hausse des prix. Inversement, lorsque le taux d’intérêt monte, les agents économiques empruntent moins, donc achètent moins, et il existe une tendance à la baisse des prix.La modification du taux directeur est le principal moyen d’une Banque Centrale pour agir sur l’économie. Le schéma classique représentant la loi de l’offre et de la demande enseigne que lorsque la demande augmente, les prix montent, et lorsque la demande baisse, les prix baissent. C’est sur ce schéma simple que se fonde l’action de la Banque Centrale.La Banque Centrale utilise cette observation macro-économique afin que la monnaie conserve une valeur stable, un “pouvoir d’achat” stable. Ce pouvoir d’achat est évalué par un indice des prix. Ainsi, lorsque les prix montent ou risquent de monter, la Banque Centrale augmente le taux d’intérêt. Cela tend à réduire le volume du crédit, donc la demande de produits et services, ce qui ralentit cette hausse des prix. Inversement, lorsque les prix ont tendance à baisser, la Banque Centrale baisse le taux d’intérêt, ce qui augmente la demande, ce qui tend à une hausse des prix.

Crédibilité d’une banque centrale

 

L’inflation est déterminée concrètement par le comportement des agents (choix des prix de vente par les entreprises, comportement d’achat et d’épargne des ménages, marchés financiers, etc.). Ces agents déterminent leur comportement en fonction de leurs anticipations d’inflation future. Dès lors, il est essentiel pour la banque centrale que ces agents croient en sa capacité à atteindre ses objectifs d’inflation pour que ceux-ci se réalisent. La crédibilité d’une banque centrale met des années, parfois des décennies, avant d’être obtenue. Elle est basée sur la confiance des agents économiques que la banque centrale saura faire face aux chocs économiques avec une politique monétaire appropriée.

Source: wikipédia.org

 


Les banques centrales renflouent-elles vraiment les banques en difficultés ?

mars 31, 2008

Depuis la crise des « subprimes » en août 2007, on peut entendre les annoncent des banques centrales qui injectent des centaines de milliards d’euros ou de dollars pour aider les banques à faire face à leurs obligations financières. Août 2007 toujours, 100 à 200 milliards d’euros ont été injectés par la Banque Centrale Européenne (BCE) en 1 semaine seulement. Ouah!!!! Tant d’argent pour des banques ?  Ce que l’on oublie de dire, c’est qu’il ne s’agit pas d’un don. Les banques centrales, heureusement, ne sont pas des œuvres caritatives pour banques commerciales en difficultés financières. Ces « injections d’argent » sont des prêts remboursables à 1 semaine, 1 mois (maxi 3 mois). Eh !! oui les banques commerciales doivent rembourser avec, bien sûr, les intérêts qui vont avec (de 4% pour la BCE).

 Les interventions des banques centrales n’ont donc rien d’un sauvetage gratuit ! Autre exemple : la banque commerciale anglaise la Nothern Rock qui a fait tristement l’actualité en septembre 2007 pour sa faillite. Elle doit encore  24 milliards de livres (30,7 milliards d’euros) à la Banque d’Angleterre (BoE) sur les 26,9 milliards que cette dernière a injectés pour le sauvetage. Aujourd’hui, partiellement nationalisé, la Nothern Rock recherche un repreneur… qui puisse aussi garantir le remboursement (des 24 milliards) de ce qui reste à payer. Aux dernières nouvelles, les candidats ne se bousculent pas. Logique et humain ! Le retour à la rentabilité serait prévu pour 2011 dans une vision optimiste. Et si aucun repreneur sérieux ne se manifeste, que se passera t-il ? La banque restera probablement dans le giron de l’Etat britannique. Au final, qui réglera la facture ? Devinez !