Calmer le mécontentement de l’opinion public
Le sommet du G20 de Pittsburgh qui réunit les 20 plus grandes puissances économiques de la planète doit donc s’entendre sur les nouvelles règles à mettre en place pour limiter folies et imprudences du système financier mondial. Une dizaine de réformes devraient voir le jour. La plus populaire et qui concentre l’attention de l’opinion publique est bien sûr la rémunération des traders, même si la limitation des bonus, factuellement, ne règle en rien le problème.
Le problème de fond : la suppression de la loi dite « Glass Steagall Act »
Car bien malheureusement ce sommet est plus fait pour calmer le mécontentement de l’opinion publique que pour résoudre véritablement le problème de fond.
Lequel est-il ? C’est suppression de la loi dite « Glass Steagall Act », loi qui a été votée en 1933 à l’issu de la catastrophe financière de 1929 pour éviter que les mêmes erreurs se reproduisent. Elle a été supprimée en novembre 1999 par le sénat américain sous la présidence Clinton et bien sûr les mêmes erreurs se sont reproduites aboutissant à la catastrophe de septembre 2008 avec la faille de la banque d’affaires Lehman Brothers.
Que dit cette loi du « Glass Steagall Act » ?
Le Glass-Steagall Act distingue deux métiers bancaires :
1.la banque de détail (ou banque de dépôt) avec ses guichets pour recevoir la clientèle, collecter l’épargne et accorder les crédits aux ménages et aux entreprises.
2. La banque d’investissement (ou banque d’affaires) qui fait des placements sur les marchés financiers (les bourses mondiales) et qui spéculent grâce à leurs traders.
Une banque devait choisir son camps : elle était soit banque de détail soit banque d’investissement.
La cumulation des 2 était impossible car trop dangereuse pour l’économie et qui avait entraînée la crise économique de 1929. Pourquoi dangereuse ? Car la banque d’investissement qui spécule est très lucrative. Si elle permet de réaliser des profits records le revers de la médaille est que les risques pris sont importants. Le danger de faillite réel de la banque d’investissement ne doit pas entraîner la faillite de la banque de détail vitale pour l’économie. Bref ce qui s’est passé en 1929 et en septembre 2008.
Pour limiter simplement les abus du système financier il suffirait simplement de remettre en place cette loi du Glass-Steagall Act qui sépare banque de détail et banque d’investissement. Si les banques d’investissements recommencent les mêmes pratiques (ce qui est bien le cas) avec leurs imprudences elles pourront faire faillite sans menacer le système économique. Bien sûr les Etats ne viendraient pas à leur secours et dépenser l’argent du contribuable pour les sauver.
Qui sont les coupables?
Conclusion : les vrais coupables sont l’administration Clinton et ceux au sénat américain qui ont voté cette l’annulation du Glass-Steagall Act. Mais c’est si simple de taper sur les traders, coupables tous désignés et politiquement très payant.
Enfin, les banques savent que les Etats interviendront encore une fois si elles sont, à nouveau, menacées de faillite. Bref elles se sentent immortelles comme le dit Alain Minc. Alors pourquoi se gêner ?
novembre 16, 2009 à 2:54 |
Si la loi « Glass Steagall Act » n’avait pas été supprimée en 99, la crise des Subprimes aurait malgrès tout été mondiale, puisque la titrisation opérée sur les titres dits « douteux » aurait tout de même eu lieu.
Donc, les banques d’investissement se seraient échangés / achetés ces titres à l’échelle mondiale, la confiance aurait disparu entre elles, et le phénomène se serait probablement répercuté sur les banques commerciales via les prêts interbancaire.
décembre 8, 2009 à 12:06 |
Oui et non. Les banques d’affaires n’auraient pas pu trouver les ressources financières auprès des banques de détails (réunit finalement dans la même banque). La banque d’affaires auraient en effet pu tritriser pour son propre compte. Sauf qu’elle ne fait pas de crédit à l’économie. Donc si elle fait faillite personne ne s’en soucis.
La faillite de Lehmann Brothers a eu peu d’impact réel sur l’économie (au sens de crédits distribués par Lehmann aux entreprises ou aux particuliers). Par contre l’effet psychologique a été énorme; ce qui a crispé les banques notamment celles qui sont à la fois banque de détail et banque d’investissement.
Bref pour résumé, si la loi du « Glass Steagall Act » avait été en vigueur, la faillite des banques d’affaires n’auraient pas eu les conséquences qu’elles ont eu sur l’économie. Elles auraient payés leurs erreurs sans atteindre les banques de détails. Certes il y aurait eu un vent de panique mais bien moins important et surtout qui n’aurait pas entraîné d’effet sur les banques de détail vital pour l’économie.