Comprendre la crise: où sont allés les profits des entreprises en 2008 ?

avril 16, 2009

2009_04_16_dividendesLes entreprises peinent à investir, les banques sont assez fébriles dans la distribution du crédit. Le lien est alors assez rapide à faire : si les entreprises, dans leur ensemble, n’arrivent plus à investir c’est la faute aux banques. Conclusion simple mais pas tout à fait vraie. Il y a deux éléments qui expliquent cette difficulté.

Comment sont redistribués les profits nets des entreprises?

1. Effectivement les affaires se dégradent ce qui se répercutent sur la rentabilité : les capacités de production des entreprises sont utilisées à hauteur de 69,8% % en France (près de 69,3%, % aux USA, le plus bas depuis 1967 date de la création de cette statistique). Le risque dans le prêt aux entreprises est donc plus grand pour les banques qui se montrent logiquement plus prudente (d’autant qu’il leur a été reproché d’avoir pris des risques inconsidérés auparavant).

2. Mais surtout, les entreprises ont reversé près de 75% de leurs profits nets (après impôts) à l’actionnaire et n’en ont gardé que 9% pour l’investissement et 15% pour l’intéressement aux salariés (sous forme de participations). C’est ce qui en ressort d’un petit calcul qu’à fait le mensuel économique « alternatives économiques » en analysant les chiffres de l’INSEE des entreprises en 2006. Pas étonnant donc que les entreprises aient du mal à financer les investissements pour trouver des nouveaux relais de croissance.

dividendes_versee

 Et les entreprises du CAC 40 ?

Les 40 plus grosses entreprises françaises n’échappent pas non plus à cette tendance, bien au contraire. Elles ont dégagé 94 milliards de profits, soit un bénéfice net (après impôts) de 59 milliards d’euros. (l’Etat recevant donc 35 milliards). Les bénéfices nets des sociétés du CAC 40 recul de près de 41% par rapport à 2007. Les dividendes versés à l’actionnaire sont de 37,5 Mrd d’euros soit une baisse de « seulement » 8% par rapport à 2007 ! Les dividendes versés à l’actionnaire représentent près de 63% du profit net. Mais pour faire monter le cours de l’action et améliorer quelques ratios, les entreprises du CAC 40 ont racheté pour 11,2 Mrd d’euros de leur propre action. Il ne reste que 10 Mrd d’euros pour l’investissement soit à peine 17%.

Souhait du Président de la République et le mauvais exemple des entreprises publiques

On est donc bien loin du souhait du président de la république dans son intervention télévisée de février 2009 qui voulait une répartition de du bénéfice net à hauteur de 1/3 pour les actionnaires 1/3 pour l’investissement et 1/3 pour l’intéressement aux salariés.

Les entreprises ayant l’Etat comme principal actionnaire, ne donne pas du tout l’exemple. Pour preuve: en 2008 EDF distribue 73% de ses bénéfices à ses actionnaires, GDF Suez 74% et France Telecom 90%.


Effondrement de la consommation de pétrole au 1 trimestre 2009. Qu’est-ce que cela signifie ?

avril 14, 2009

2009_04_14_petroleLa demande mondiale de pétrole a reculé de près de 4% au premier trimestre 2009. Durant 8 mois consécutifs la demande pétrolière décline. En mars celle-ci s’est réduite de 2,4 millions de barils par jour, soit 2,8 %, à 83,4 millions de barils. Bonne nouvelle pour l’environnement et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais concernant l’économie cela montre que les industries occidentales tournent toujours au ralenti. Mais la situation est contrastée selon les zones géographiques.

 

Le problème du Japon

Les Etats-Unis voient leur demande de pétrole diminuer de 5%. La Chine est sur une régression annuelle de 1% (alors qu’il y avait une progression de 4% en 2008). Par contre le Japon, deuxième pays industrialisé, ne l’oublions pas, voit sa consommation pétrolifère plonger de 23 % ! Ce qui montre bien la violence de la crise au pays du soleil levant.
Entente du cartel de l’OPEP et un pétrole autour de 50$ le baril
Pour éviter un effondrement du prix du pétrole, les pays de l’OPEP s’étaient entendus, fin 2008, pour réduire leur production de 4,2 millions de barils par jour. Ces accords de réduction d’offre de pétrole ont été respectés à 83% par les pays membres, ce qui est assez exceptionnel, car d’habitude les engagements de l’OPEP sur le niveau de production ne sont respectés qu’à 60%.

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Reprise économique en 2010 ?

Est-ce que, mis à part le Japon qui fausse les calculs de la consommation mondiale de pétrole, est-il possible d’entrevoir une reprise début 2010 ? La demande de pétrole est un bon indicateur. Mais il est encore trop tôt pour pronostiquer quoi que ce soit. Cette chute de la demande de pétrole, même affectée par le Japon, n’est pas bonne pour une éventuelle reprise. A cela s’ajoutent les derniers chiffres aux USA qui montrent que la vente au détail (en résumé les ventes des commerces) a reculé de 1,1% par rapport à février 2009 selon le département du Commerce à Washington. Ce chiffre va à l’encontre des prévisions des analystes qui pensaient plutôt à une progression des ventes après des chiffres positifs en janvier et février.


Dépôt de bilan de Général Motors. Est-ce la fin du constructeur automobile ?

avril 11, 2009

2009_04_10_gmLe chapitre 11

Le dépôt de bilan se précise pour le géant automobile américain. Est-ce que cela signifie que l’entreprise va disparaître ? En fait non pas du tout. GM sera sous la protection de la loi contre les faillites. Dans le jargon américain on dit que la société sera sous la protection du chapitre 11. C’est une disposition, très encadrée (sous le contrôle d’un comité composé des principaux créanciers) qui permet à une entreprise de suspendre le paiement de ses dettes et autres obligations financières. Et, bien entendu, un plan de restructuration doit être présenté aux autorités américaines et validé par le comité.

GM pourrait t-il disparaître purement et simplement ?

GM a reçu depuis l’automne tout de même près de 13,4 Milliard de $ d’aide de la part de l’administration américaine. Pourquoi tant d’aide ? Certes GM est un symbole aux USA mais surtout l’entreprise représente environ 3 millions d’emplois directs et indirects (par la sous-traitance). Donc peu de chance que le premier constructeur américain disparaisse, c’est à dire qu’il soit liquidé (à savoir l’application du chapitre 7 de la loi américaine contre les faillites).

Enfin GM a quand même quelques petits atouts notamment le marché chinois où le constructeur arrive encore à faire progresser ses ventes (+ 24,6% en mars 2009) à près de 137 004 unités et compte en vendre 2 millions d’ici 5 ans.


Y a t-il vraiment une crise du marché immobilier ?

avril 8, 2009

2009_04_08_immobilierDe partout la crise du marché de l’immobilier et la chute des prix est constatée. Pourtant, selon le crédit foncier, il manque 1,7 million de logements en France. N’y a t-il pas là une contradiction?

Le problème est que les prix ne correspondent pas à cette demande réelle des ménages. Le prix est excessif. Il y a eu cette habitude de surenchère où les marges étaient très élevées (et le restent encore). Selon l’INSEE et le calcul de CREDOC, les salaires ont augmenté de 4,8% de 1998 à 2005, les prix de l’immobilier de presque 100% ! Cherchez l’erreur ! Certes il y a le crédit, mais les revenus doivent être suffisants pour être capable de rembourser.

Compte tenu de ce manque de logements et de l’existence d’un besoin réel, le terme de crise de l’immobilier est donc bien inapproprié. On assiste plutôt à un ajustement des prix qui doivent correspondre à une réalité de marché. Le temps où, dans certaines régions et certaines villes, on pouvait revendre son bien immobilier le double de son prix d’acquisition au bout de 5 ans est bien terminé. Pas étonnant que la Fnaim (Fédération Nationale de l‘Immobilier) prévoie une baisse des prix de 5% à 10% en 2009. En 2010 la baisse des prix se poursuivra notamment parce que la plupart des prêts relais contractés en 2007, 2008 vont arriver à échéance et ne seront probablement pas renouvelés (vu qu’ils ont déjà été renouvelés d’une année).


Paradis fiscaux – liste noire et liste grise du G20 : les gagnants et les perdants

avril 4, 2009

2009_04_04_paradis_fiscauxLes perdants

L’OCDE a publié deux listes : une liste noire et une liste grise. La liste noire recense les Etats dit non-coopératifs. Il ne figure « que » 4 Etats : Costa Rica, Malaisie, Philippines, Uruguay.
La liste grise recense les Etats qui ont pris des engagements, qui se disent disposés à coopérer et dont des actes sont attendues. Cette liste est bien plus conséquente : 38 pays dont la Suisse, le Luxembourg, Singapour, le Liechtenstein etc.

Il est légitime de s’interroger sur l’utilité de telles listes. Est-ce que c’est efficace ? On peut dire que oui. Cela accentue la pression sur les pays qui sont sur la liste grise. Des sanctions (qui restent encore à préciser) pourront être prises. Mais surtout cette liste grise fait peur aux clients de ces paradis fiscaux qui, pour la plupart, réfléchiront à deux fois avant de continuer à pratiquer l’évasion fiscale. On peut même s’attendre à ce que certains clients rapatrient leurs avoirs dans leur pays en échange d’une forme d’amnistie (comme cela se fait aux USA).

De la liste grise à la liste noire

Que se passe t-il si un pays est rétrogradé d’une liste grise à une liste noire ? Toutes transactions financières vers ce pays peuvent être interdites par la communauté internationale. Donc c’est vraiment du sérieux et un désastre pour des pays figurant sur la liste grise comme la Suisse, le Luxembourg, le Lichtenstein. Mais il faut voir maintenant les passages à l’acte.

Les gagnants

Bizarrement il manque dans cette liste grise des paradis fiscaux notoires, un peu moins connus comme : Macao, Honk-Hong (toutes 2 des provinces chinoises), les îles anglo-normandes (dépendance britannique) comme Jersey. Enfin « la city » de Londres, grand centre financier mondial est également un paradis fiscal qui ne figure sur aucune liste, ni le Delaware(USA), petit Etat de la côte Est américaine. Ce petit Etat des USA pratique une imposition des personnes morales et physiques quasi nulle. Plus de 50% des grandes entreprises américaines y auraient leur siège.

Bref, la présence d’une liste grise et d’une liste noire représente une véritable aubaine pour ces paradis fiscaux qui y échappent. Ils pourront prospérer en récupérant une clientèle qui décide de délaisser les pays figurants sur la liste grise. En langage business cela s’appelle plus vulgairement : prendre des parts de marché !


Le G20 : succès ou échec ? Cette réunion du G20 est-elle le début de la fin de la crise ?

avril 3, 2009

2009_04_02_g201Quel succès ?

Le G20 est un succès dans le sens où elle a permis de réunir les 20 plus grands Etats industrialisés (soit près de 95% du PIB de la planète), notamment des pays émergeants comme le Brésil, la Chine, l’Inde. Enfin ces pays se sont tous mis d’accord sur la nécessité de mettre des règles à la finance internationale et de soutenir le système.

. Ils ont établit des objectifs communs précis notamment en luttant contre des paradis fiscaux par l’émission d’une liste noire et une liste dite grise (paradis fiscaux qui ont pris des engagements qui doivent encore être concrétisés par des actes ).
. Le FMI verra ses moyens financiers considérablement augmentés afin d’aider des pays en difficulté grave comme, entre autre, la Roumanie ou la Hongrie.
. Un plan a été proposé pour débarrasser le système financier mondial des actifs toxiques qui empêchent les banques de faire davantage de crédit à l’économie réelle.

Cependant ces objectifs et annonces doivent se traduire en acte. Se pose donc le problème de la mise en place. Il faudra attendre quelques mois pour vraiment voir s’il y a du concret, si les actes suivent. Les politiques, par leurs déclarations, jurent que oui.

Quel échec ?

Mais toutes ces propositions du G20 n’apportent pas de solution directe à la crise économique mondiale même si Barrack Obama aurait souhaité aborder ce point notamment par un plan de relance plus ambitieux en Europe.

Il y a là le germe d’un échec. Pourquoi ? Pour l’opinion publique la finance internationale et ses problèmes est un vaste charabia incompréhensible. L’opinion publique voit et vie la crise au quotidien par la monté du chômage, la peur pour son emploi et l’incertitude de l’avenir qui grandit. Consciemment ou inconsciemment, l’opinion publique attend que ce G20 ait une répercussion positive sur le quotidien ou au moins soit l’amorce d’une fin de crise. Et c’est ce qui importe. Mais elle va être bien déçue. Les déclarations très optimistes, voire euphoriques, des différents chefs d’Etats risquent de passer pour une vaste autosatisfaction. Le danger est donc de se décrédibiliser aux yeux de l’opinion publique.


La réunion du G20 : pourquoi la France et l Allemagne insistent sur les paradis fiscaux ?

avril 2, 2009

2009_04_02_g20Dans leur conférence de presse commune, la Chancelière allemande et le Président français insistent sur la lutte contre les paradis fiscaux et la mise en place d’une liste noire. Pourquoi une telle insistance ? Les 71 paradis fiscaux de la planète ont pourtant causé que bien peu de débats jusqu’à cette crise ! Alors pourquoi subitement maintenant ?

Creusement des déficits publics

Les paradis fiscaux, par l’évasion fiscale, font perdre environ 20 milliards d’euros à la France selon l’estimation du ministère du budget. Cette évasion fiscale est presque du double en Allemagne. C’est beaucoup d’argent. Tant que les déficits étaient contenus à des niveaux raisonnables (à moins de 3% du PIB chaque année) les paradis fiscaux n’étaient que des verrues dans le paysage économique. Mais aujourd’hui, avec les déficits creusés par les plans de relance successifs et la baisse des rentrées fiscales pour cause de récession (environ 100 Mrd d’euros en 2009 contre 40 Mrd d’euros en 2007), la crise génère un cruel besoin d’argent pour l’Etat.

Certes ce dernier peut emprunter sur les marchés financiers via l’émission d’obligations. Mais il y a des intérêts à payer et ceux-ci ne risquent de ne pas rester aussi bas bien longtemps renforçant ainsi l’endettement. Bref ! On n’en sort pas. Cela amènera inévitablement à une hausse des impôts et taxes avec un effet très néfaste sur la reprise économique et un encouragement à l’évasion fiscale.

Une situation différente aux USA avec la banque centrale Américaine (la FED)

L’Etat américain connaîtra également, voire même beaucoup plus, un problème de déficit public. Songeons qu’avec un plan de relance à près de 8% du PIB et un déficit de 1.000 Mrd de $ prévu en 2009 les USA battent tous les records. Ne font-ils alors pas face aux mêmes problèmes que la France et l’Allemagne ? Oui tout à fait mais les USA peuvent compter sur une solution supplémentaire : la FED, la banque centrale américaine. Celle-ci a dernièrement acheté près de 300 Mrd de $ d’emprunt d’Etat. En clair cela revient à dire que la Fed a crée de la monnaie (300 Mrd de $) pour le « donner » à l’Etat américain. Impensable pour la BCE (la Banque Centrale Européenne). Pourquoi ?

FED / BCE : des statuts et une philosophie différents

La BCE a pour seul objectif de lutter contre l’inflation et de veiller à la valeur de l’euro. Point ! Elle a une vision monétariste de l’inflation : une quantité trop importante de monnaie est dangereuse pour les prix. Comme elle est indépendante elle refuse (et c’est même interdit) de prendre directement de la dette d’Etat sur le long terme, comme l’a déjà fait la FED.

La FED, outre des objectifs de lutte contre l’inflation, a également, pour mission, de tout faire pour soutenir la croissance et de lutter contre le chômage. Si elle a, également une vision monétariste de l’inflation, elle reste très pragmatique. Même indépendante du gouvernement, elle est donc prête à outrepasser les règles et jeter aux orties les théories et les pratiques économiques qu’elle défendait il y a encore peu.

On comprend donc que Barrack Obama peut insister sur un plan de relance plus vaste en Europe et fait passer au second plan la lutte contre les paradis fiscaux. Les Américains estiment qu’il y en aura toujours, que ceux qui disparaîtront le seront au bénéfice des paradis fiscaux qui resteront comme les Bahamas, les îles Caïmans, Anguilla et les Bermudes qui n’ont ni impôts sur les revenus ni taxes sur les bénéfices des sociétés.


Caterpillar : pourquoi la séquestration de dirigeants ?

avril 1, 2009

2009_03_30_caterpillarHier soir je me suis retrouvé devant l’usine de Caterpillar de Grenoble qui fait l’actualité. Les télés et les caméras étaient installées dans la cours de l’usine. Pourquoi était-je là ? Non, je ne comptais pas faire un reportage ni de me transformer en médiateur. Je me rendais, tout simplement, à un cours particulier d’économie d’une lycéenne de 1ère ES qui habite tout juste en face de l’usine. Sur les conséquences de la crise économique, elle avait un exemple concret juste sous sa fenêtre.

J’ai pu discuter avec un des grévistes en faction devant la cours de l’usine. Pas de doute, les 2500 salariés du site de Grenoble et d’Echirolles (banlieue grenobloise) sont très nerveux, inquiets assez déterminés. Certes il ne s’agit « que » de suppressions de 733 emplois. Mais la peur est de voir à terme la fermeture totale du site. Il n’y a plus de promesse qui tienne : l’exemple de Gandrange en Lorraine ou de Continental dans l’Oise sont dans les esprits.

Une réalité assez dure et un reclassement difficile

Certains pourraient dire que « finalement ils ne sont pas les seuls, il y a bien eu 80.000 chômeurs de plus en février ! Ils toucheront des indemnisations conséquentes avec 2 ans de chômage pour retrouver un emploi ! »

Ce raisonnement assez logique est en fait assez simpliste et cache une réalité plus dramatique.

. En France, les seniors n’ont pas bonne presse dans les entreprises. A partir de 45 ans il devient plus difficile voire parfois impossible de trouver un travail dans son domaine d’activité.
. La plupart des salariés de Caterpillar ont des compétences bien particulières (comme le montage hydraulique) qui ne sont guères demandées dans l’industrie. Les salariés dans les fonctions de direction auront beaucoup moins de difficulté pour retrouver un emploi à terme. Mais ce n’est pas eux qui font grève.
. L’industrie française est très mal et ne va certainement pas embaucher durant quelques temps. Elle supprimera plus d’emplois qu’elle n’en créera.
. Enfin la crise semble durer selon les analyses des économistes de l’OCDE qui ne sont en rien des cassandres. Si 2009 sera terrible avec une croissance prévisionnelle de – 3,3% 2010 n’apportera pas plus d’espoir avec une prévision de – 0,1% de croissance en France.

Plus rien à perdre

Tous cela les salariés de Caterpillar le savent rendant ainsi les efforts de reclassement peu efficaces. La peur n’est pas le chômage, mais le chômage de longue durée débouchant à terme sur une forme d’exclusion du monde du travail. A cela s’ajoute la réalité des crédits à rembourser et des charges à payer. En cas de défaillance les banques et les Huissiers ne s’attardent pas sur le pourquoi et ne font guère de sentiment.

La multiplication de cas de séquestration de dirigeants est davantage le signe d’une inquiétude exacerbée, du « on a plus rien a perdre » que le fait de mouvements gauchistes extrémistes qui profiteraient de la situation.