Les entreprises peinent à investir, les banques sont assez fébriles dans la distribution du crédit. Le lien est alors assez rapide à faire : si les entreprises, dans leur ensemble, n’arrivent plus à investir c’est la faute aux banques. Conclusion simple mais pas tout à fait vraie. Il y a deux éléments qui expliquent cette difficulté.
Comment sont redistribués les profits nets des entreprises?
1. Effectivement les affaires se dégradent ce qui se répercutent sur la rentabilité : les capacités de production des entreprises sont utilisées à hauteur de 69,8% % en France (près de 69,3%, % aux USA, le plus bas depuis 1967 date de la création de cette statistique). Le risque dans le prêt aux entreprises est donc plus grand pour les banques qui se montrent logiquement plus prudente (d’autant qu’il leur a été reproché d’avoir pris des risques inconsidérés auparavant).
2. Mais surtout, les entreprises ont reversé près de 75% de leurs profits nets (après impôts) à l’actionnaire et n’en ont gardé que 9% pour l’investissement et 15% pour l’intéressement aux salariés (sous forme de participations). C’est ce qui en ressort d’un petit calcul qu’à fait le mensuel économique « alternatives économiques » en analysant les chiffres de l’INSEE des entreprises en 2006. Pas étonnant donc que les entreprises aient du mal à financer les investissements pour trouver des nouveaux relais de croissance.

Et les entreprises du CAC 40 ?
Les 40 plus grosses entreprises françaises n’échappent pas non plus à cette tendance, bien au contraire. Elles ont dégagé 94 milliards de profits, soit un bénéfice net (après impôts) de 59 milliards d’euros. (l’Etat recevant donc 35 milliards). Les bénéfices nets des sociétés du CAC 40 recul de près de 41% par rapport à 2007. Les dividendes versés à l’actionnaire sont de 37,5 Mrd d’euros soit une baisse de « seulement » 8% par rapport à 2007 ! Les dividendes versés à l’actionnaire représentent près de 63% du profit net. Mais pour faire monter le cours de l’action et améliorer quelques ratios, les entreprises du CAC 40 ont racheté pour 11,2 Mrd d’euros de leur propre action. Il ne reste que 10 Mrd d’euros pour l’investissement soit à peine 17%.
Souhait du Président de la République et le mauvais exemple des entreprises publiques
On est donc bien loin du souhait du président de la république dans son intervention télévisée de février 2009 qui voulait une répartition de du bénéfice net à hauteur de 1/3 pour les actionnaires 1/3 pour l’investissement et 1/3 pour l’intéressement aux salariés.
Les entreprises ayant l’Etat comme principal actionnaire, ne donne pas du tout l’exemple. Pour preuve: en 2008 EDF distribue 73% de ses bénéfices à ses actionnaires, GDF Suez 74% et France Telecom 90%.
Publié par jf66michel
La demande mondiale de pétrole a reculé de près de 4% au premier trimestre 2009. Durant 8 mois consécutifs la demande pétrolière décline. En mars celle-ci s’est réduite de 2,4 millions de barils par jour, soit 2,8 %, à 83,4 millions de barils. Bonne nouvelle pour l’environnement et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais concernant l’économie cela montre que les industries occidentales tournent toujours au ralenti. Mais la situation est contrastée selon les zones géographiques.
Le chapitre 11
De partout la crise du marché de l’immobilier et la chute des prix est constatée. Pourtant, selon le crédit foncier, il manque 1,7 million de logements en France. N’y a t-il pas là une contradiction?
Les perdants
Quel succès ?
Dans leur conférence de presse commune, la Chancelière allemande et le Président français insistent sur la lutte contre les paradis fiscaux et la mise en place d’une liste noire. Pourquoi une telle insistance ? Les 71 paradis fiscaux de la planète ont pourtant causé que bien peu de débats jusqu’à cette crise ! Alors pourquoi subitement maintenant ?
Hier soir je me suis retrouvé devant l’usine de Caterpillar de Grenoble qui fait l’actualité. Les télés et les caméras étaient installées dans la cours de l’usine. Pourquoi était-je là ? Non, je ne comptais pas faire un reportage ni de me transformer en médiateur. Je me rendais, tout simplement, à un cours particulier d’économie d’une lycéenne de 1ère ES qui habite tout juste en face de l’usine. Sur les conséquences de la crise économique, elle avait un exemple concret juste sous sa fenêtre.