Pour le savoir il faut comprendre la raison du « n’importe quoi » des banques américaines et aussi européennes : le toujours plus . Ce toujours plus est également présent dans l’entreprise : toujours plus de profits, donc plus de rentabilité et de productivité exigées et vendre plus. Dans le cas d’une banque plus de profit signifie certes réduire les coûts mais aussi augmenter le nombre de crédits accordés quitte à prêter à des personnes qui n’en ont pas les moyens. Mais comment faire pour gérer le risque de non-remboursement forcement de plus en plus important ? C’est la magie de la titrisation : en gros c’est « refiler » le bébé à d’autres ici d’autres banques ou des assurances par un joli paquet cadeau qui met la marchandise au dessus de tout soupçon, surtout si la banque en question (qui propose le cadeau empoisonné) a une excellente réputation. L’autre moyen est de spéculer de plus en plus en prenant de plus en plus de risques (comme l’affaire Kerviel le montre) avec, en plus, une spéculation sur des produits nouveaux comme les matières premières (le plus illustratif est le pétrole : le voici descendu à 90$ le baril après avoir presque franchi les 150$ 4 mois plus tôt). Jusqu’au jour où cela ne peut plus durer et tout s’écroule.
Malgré toutes les règles que l’on peut mettre en place, tant que cette mentalité du « toujours plus » pour les actionnaires ne sera pas changée, il y aura (malheureusement) toujours moyen de contourner ces règles et de revivre une crise financière. Espérons que la douleur soit suffisamment forte et le signal clair (comme la faillite de Lehman Brothers) pour que cela change. L’autre risque est que la finance pense que malgré ses bêtises elle sera toujours sauvée par l’Etat (voir le plan de sauvetage du Trésor américain). Alors pourquoi s’arrêter d’en faire ?