C’est le dépôt de bilan qui menace chez le constructeur américain GM. La hausse continue du prix du carburant a fortement changé la donne sur le marché de l’automobile aux USA. Les gros 4×4 et autres « pick-up » gourmands en carburant (modèles phares qui assurent une grande part du chiffre d’affaires et surtout une rentabilité confortable) voient leurs ventes s’effondrer brusquement : moins 25% pour l’année 2007. Le marché automobile américain a chuté de 21% selon le cabinet Autodata. Et cette tendance semble même s’accélérer en 2008. Conséquence : restructuration draconienne est brutale. 4 usines GM vont être fermées, la marque « Hummer » est à vendre ou, à défaut, sera purement liquidé.
Le marché de l’automobile réclame des véhicules sobres en consommation, donc favorise les petits modèles et les modèles hybrides. Toyota, le N°1 de l’automobile l’a bien compris : les 4×4 seront délaissés et les véhicules hybrides deviennent la priorité. Le modèle phare de Toyota, la « Prius », vendu à plus de 1 million d’exemplaire et produite jusqu’à présent exclusivement au Japon, le sera aussi aux USA (A ce propos que font nos constructeurs hexagonaux ?!).
La restructuration ne concerne pas seulement GM, mais aussi les 2 autres gros constructeurs américains: Ford et Chrysler.
Une restructuration coûte très cher en termes financiers. Un laps de temps est nécessaire avant que les fruits (10 milliards de $ d’économie estimée) puissent être récoltés. Ainsi GM doit faire face à 35 milliards de $ de dette (qu’il faut bien rembourser). Le constructeur affirme détenir 23,9 milliards de $ de trésorerie (argent disponible en banque) et d’une possibilité de crédit de 7 milliards de $. Mais cet argent frais immédiatement disponible pour faire face aux échéances fond à vu d’œil : 5 milliards ont été dépensés au second trimestre pour assurer les coûts de la restructuration. Les analystes estiment que la trésorerie diminuera de 1 milliard de $ par mois. L’agence de notation Moody’s, a dégradé la note de GM à « B3 » ce qui atteste d’une santé financière très fragile.