Opération de fusion / acquisition: attention danger!

mai 31, 2008

La fusion entre les entreprises, surtout les grosses, est devenue une généralité. Pourquoi? Diminution des coûts par effet d’économie d’échelle (baisse des coûts unitaires avec l’augmentation des quantités produite et vendu) ou par effet de synergie.

Pourtant le résultat final est loin d’être toujours probant. Il suffit de voir le divorce entre Daimler et Chrysler, les difficultés de HP en absorbant Compaq (et qui a valu le limogeage de sa PDG) et enfin les difficultés sans fin d’Alcatel en fusionnant avec son homologue américain “Lucent”: 3,5 milliards de pertes en 2007, un premier trimestre 2008 dans le rouge. Enfin “une casse” sociale importante: 1.400 suppressions d’emploi en France, 10 fois plus dans le monde. Rien ne semble y faire! Pourquoi?

Parce que l’entreprise est faite d’hommes et de femmes. Une fusion est un choc : choc de culture, de pratique de travail… Enfin il y a la peur, l’incompréhension qui amène à un repli sur soi, à un étouffement des initiatives, de la créativité. Des compétences se perdent par les démissions. Certes Alcatel souffre d’un positionnement sur un marché très concurrentiel. Mais il semble que l’entreprise ait perdu ceux qui pouvaient trouver la solution pour s’adapter.

Cela montre que le mode de pensée selon laquelle « personne n’est indispensable » est en train de se retourner contre ceux qui l’adoptent.


Quel prix du pétrole sur le moyen et long terme?

mai 25, 2008

Fin mai, voilà le baril de pétrol à 136$ le baril!! Mais quel prix va t-on atteindre d’ici 5 à 10 ans? Un baril à 400$ comme semble se négocier les contrats à terme sur 5-10 ans? Pas si sûr! Le prix de baril de pétrole pourrait se stabiliser sur le long terme. Pourquoi?

D’une part, les consommateurs (la demande) vont s’adapter. Comment? En cherchant une alternative au pétrole: sur la consommation des voitures (voitures électriques, voitures hybrides, moteurs économiques), la production d’électricité (la relance du nucléaire, les énergies renouvelables…) et enfin le recyclage et plastiques sans pétrole.

D’autre part l’offre, elle, va être encouragé: à 136$ le baril voire même plus, de nouveaux gisements à l’extraction complexe, deviennent rentables (les schismes bitumeux  du Canada, les réserves offshores du Brésil…).

Donc avec à moyen terme, la consommation de pétrole (même avec l’émergeance de la Chine et de l’Inde) va baisser et l’offre, elle ,va au pire stagner au mieux s’accroitre un peu. 

Conclusion: nous aurons une stabilisation des prix du baril de pétrole. A combien. Cela dépendra de la rapidité de l’adaptation de la demande (consommateur) au pétrole cher. Pour le moment le choc est violent. Mais parier sur un pétrole à 400$ d’ici 5-10 ans est, à mon avis très hasardeux.


Le déficit extérieur français se creuse en mars !

mai 10, 2008

Le déficit commercial français atteint 4,7 milliards d’euros, en mars 2008 après 2,8 milliards en février et se monte à près de 40 milliards d’euros en 2007.

 

Annoncer des records de déficit du commerce extérieur français devient presque une habitude. Pourquoi ? Est ce dangereux pour notre pays ?

 

Certes il y a l’augmentation du prix du baril du pétrole qui gonfle les importations. Mais la cause principale est la baisse de nos exportations. Elles ont nettement reculé en mars par rapport au mois précédent. Cela montre t-il que nos entreprises ne sont pas suffisamment compétitives ? Oui et non. Disons qu’elles savent mal exporter en général, comparé par exemple aux entreprises allemandes. Notre tissu industriel manque de grosses et moyennes PME exportatrices.

 

Grâce à l’appartenance à la zone euro, ces déficits commerciaux ne sont pas, en soi, bien grave. Cependant il indique que notre tissu industriel n’est pas au mieux de sa forme. Cela ne veut pas forcement dire un manque de compétitivité. Simplement la structure de ce tissu industriel n’est pas très bonne. Par exemple : nous avons des champions nationaux principalement, les grands groupes du CAC40. En face nous avons de nombreuses petites PME qui souffrent de délais ou de retards de paiement de leurs clients, du manque de capital pour investir, un durcissement des conditions d’octroi de crédit des banques…


La côte de popularité de Sarkozy: restera-t-elle basse?

mai 3, 2008

La côte de popularité du chef de l’Etat reste basse (38% de satisfait, même après son intervention téléviser pour convaincre les français. Est-ce donc à dire qu’il n’a pas convaincu? Certainement. Pourtant il est de notoriété publique que Nicolas Sarkozy est un excellent communicateur. Ne le serait-il donc plus du tout? Aurait-il perdu cette faculté qui a fait son succès durant 5 ans au ministère de l’intérieur et ensuite dans la campagne prédidentielle de 2007 ? Indépendemment de toute prise de position politique (UMP, PS, Modem …), et ce n’est pas le but ici, que s’est-il passé?

Sarkory est victime de la loi impitoyable de l’image de la crédibilité. Qu’est-ce que ça veut dire? Si votre image est négative, quoi que vous disiez, quoi que vous fassiez, tout sera perçu (parfois à tort certes) de façon négative par ceux à qui vous vous adressez. Cela ne concerne pas seulement Sarkozy mais tout le monde. Malgré des efforts de communication intense et des efforts réels, Renault est toujours perçu comme fabriquant des voitures ayant des problèmes de qualité. Et pourtant! Savez-vous que la logan est la voiture championne du monde de la qualité! Dans un autre registre, un prof sympa avec ses élèves en cas de problème d’autorité aura toute les peines du monde à ramener la dicipline. Et les élèves ne comprendront pas.

Cette “loi” sur l’image, la crédibilité est donc applicable dans tout les domaines. Elle est d’autant plus importante quand on veut faire bouger, changer les choses et réformer. Si votre image est négative, les resistances seront très fortes et vous ne pourrez rien faire, sauf à provoquer des protestations, des grèves…

Sarkozy a été victime de sa stratégie de communication qui a fait son succès: changer les choses et le prouver par les résultats. En tant que candidat, ce fut une bonne stratégie. En tant que président les électeurs regardent le concret au quotidien. Les choses ne se sont pas améliorées, c’est même pire. Donc la perception est: Sarko = menteur, même si la réalité est à nuancer (c’est vrai que le contexte économique international est mauvais) ou différente.

Est-ce que la popularité de Sarkozy pourra remonter? Les choses risquent de s’empirer (malgrè lui) s’il essaie de réformer. Ne rien faire? Ce n’est pas dans sa nature. Position difficile donc. Il faudrait un évenement extérieur fort où il pourrait rebondir. Pour Jacques Chirac se fut son opposition à la guerre en Irak, et la cohabitation en 1997 (comme quoi la dissolution fut une bonne idée). Mitterrand: la première guerre en Irak (en 1991) et les 2 cohabitations (1986 et 1993).